Auvelais: "On n'entend pas fermer la maternité"

À Auvelais, on fera tout pour s'opposer à la fermeture de la maternité.
À Auvelais, on fera tout pour s'opposer à la fermeture de la maternité. - © FRED DUFOUR - AFP

La maternité du CHR Sambre et Meuse à Auvelais va-t-elle bientôt devoir fermer ses portes ? La question se pose à la suite d'un rapport du Centre fédéral d'expertise des soins de santé (KCE) qui estime que 17 maternités du pays pourraient fermer. Il a pris notamment comme critère le nombre minimum de 557 accouchements par an. À Auvelais, on tourne autour des 400 accouchements par an... Pas assez rentable pour le KCE. 

Pour Gilles Mouyard, le président du CHR Sambre et Meuse, ce n'est pas avec des statistiques et des données géographiques que l'on décide de la vie ou de la mort d'une maternité. "Avant de lâcher ce type d’information, il faudrait d’abord rencontrer les gens. Il faut parler et pas simplement sortir des chiffres comme cela. Cela va de nouveau angoisser nos travailleurs, nos sages-femmes et nos infirmières", explique Gilles Mouyard, le président du CHR Sambre et Meuse.


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"30 minutes, c’est trop long"

Le KCE se base également sur un deuxième critère : l'accessibilité. La décision de fermer une petite maternité peut se faire si, dans la région, une future maman a la possibilité de se rendre en 30 minutes maximum dans une autre maternité. Là aussi, Gilles Mouyard conteste le calcul. "Je ne sais pas comment il a été fait mais je peux vous dire qu’ici, en heures de pointe, on peut facilement se retrouver à plus de 30 minutes d’une maternité qui se trouve soit à Charleroi, soit à Namur. Et dans le cas d’un accouchement difficile, 30 minutes c’est beaucoup trop long !"

Danger pour l'enfant… et la mère

Le président du CHR Sambre-et-Meuse estime que les normes fixées par le KCE sont trop dangereuses. "Dans certains cas, ces 30 minutes peuvent remettre en cause la vie de l’enfant et apporter même des problèmes de santé à la maman. On veut que les femmes qui habitent la Basse-Sambre puissent accoucher près de chez elles et dans les meilleures conditions, lance encore Gilles Mouyard. On n’entend pas fermer la maternité d’Auvelais, on travaille pour que cela n’arrive pas !"


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Rappelons que les normes proposées par le Centre fédéral d'expertise des soins de santé ne sont encore que des recommandations. Alors à Auvelais, on espère que la ministre de la Santé, Maggie de Block, n’appliquera pas la réforme proposée même si on sait qu’elle y est favorable.

Reportage et duplex dans des maternités à Mons et à Auvelais (JT 13h):

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