Autoroutes wallonnes: des milliers d'arbres coupés pourquoi et pour... quoi?

C'est une sorte de sécateur géant de 26 tonnes qui sectionne les troncs et les branches. Des déchets qui seront ensuite broyés le long de l'autoroute par une autre équipe, avant d'être expédiés vers une centrale de cogénération.
C'est une sorte de sécateur géant de 26 tonnes qui sectionne les troncs et les branches. Des déchets qui seront ensuite broyés le long de l'autoroute par une autre équipe, avant d'être expédiés vers une centrale de cogénération. - © Rtbf

Cela dure depuis 2016 : des milliers d'arbres et de buissons sont régulièrement coupés puis broyés, le long des routes et autoroutes wallonnes, ainsi que sur les bermes centrales. Une opération d'envergure qui se déroule principalement en hiver, avant la période de nidification, pour réduire l'impact de l'abattage sur les oiseaux.

Sécuriser les voiries

Devenus trop grands et trop envahissants, les arbres et les arbustes présentent un réel danger pour les usagers. "En cas de tempête, par exemple, ils peuvent tomber sur la chaussée et provoquer de graves accidents", explique Laurence Zanchetta, porte-parole du SPW-Mobilité. "Les feuilles au sol peuvent aussi rendre la route glissante; ou boucher les avaloirs et provoquer de l'aquaplanage. Par ailleurs, les feuilles peuvent masquer les panneaux indicateurs et réduire l'éclairage public. Il était donc temps d'intervenir".

Pour sécuriser les routes wallonnes, ainsi que les 870 km du réseau autoroutier wallon, la Région dépense des millions d'euros chaque année. Un travail titanesque confié à des sous-traitants. Comme ceux que nous avons rencontrés ce mardi à Wierde, puis à Eghezée, le long de l'E411.

Sécateurs géants

Au-delà des véhicules de signalement et des camions-tampons, une machine de chantier sectionne les arbres tout net. "Cet engin de chantier de 26 tonnes est équipé d'un énorme sécateur hydraulique", explique Jacques Dupont, conducteur de travaux. "Avec une seule machine, nous progressons à raison de 500 à 700 mètres par jour".

Les dents de la terre

Quelques kilomètres plus loin, à Eghezée, Pierre est aux manettes d'un grappin qui soulève les déchets coupés. Des déchets broyés sur place par un énorme cylindre denté, au rythme de 100 m³ par heure. "Les déchets broyés sont placés dans un camion-benne de 30 tonnes", explique l'opérateur en manipulant ses joysticks. "Ils seront ensuite évacués à Bertrix, dans une chaudière industrielle". 

Cogénération

Les gros déchets alimenteront une chaufferie qui produira de l'électricité verte. Les petits déchets, eux, seront transformés en pellets. Quant aux souches d'arbres restées dans le sol (le long des autoroutes), elles donneront des rejets qui seront ensuite taillés régulièrement, pour éviter de tout devoir recommencer dans 20 ou 30 ans! "Une gestion raisonnée", précise Laurence Zanchetta. Une gestion sans doute plus responsable que celle qui prévalait il y a 20 ou 30 ans quand les pouvoirs publics remettaient à plus tard la taille régulière des jeunes arbres.

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