Autonomies : " Avoir un handicap n'empêche pas d'avoir des rêves… "

Blandine à Prague lors de son tour d'Europe
2 images
Blandine à Prague lors de son tour d'Europe - © Rtbf

Namur Expo accueille jusqu’au dimanche 24 avril un salon consacré aux personnes handicapées. Les volets " Autonomies " et " enVIE d’amour " proposent aux moins valides des solutions pour se débrouiller seuls, et pour trouver l’amour.

Avoir un maximum d’autonomie c’est le souhait de toute personne atteinte d’un handicap. Une autonomie parfois difficile à atteindre… mais pas impossible. Blandine Even est une Namuroise de 24 ans. Elle est atteinte d’une maladie génétique non-identifiée qui entraîne chez elle une forte fatigue musculaire.

" Pendant un an je ne pouvais pas marcher plus de 50 mètres, témoigne la jeune femme . Je ne sortais pratiquement plus de chez moi. Pendant cette période je n’ai pas mis les pieds dans le moindre magasin, même pas au supermarché. Je ne sortais plus du tout avec mes amis, c’était assez difficile à vivre. Finalement après un an c’est moi qui ai demandé à avoir un fauteuil roulant. Ce n’était pas évident de me voir comme une personne handicapée, je n’aimais pas cette image de moi… Mais finalement le fait de retrouver une vie sociale et des activités, ça a compensé."

" Je peux le faire "

Blandine a d’abord cru devoir renoncer à sa passion : le voyage…

" Quand je me suis retrouvée en fauteuil roulant, j’ai cru que j’allais devoir renoncer à tous mes projets de voyages. Mais un jour, j’ai vu sur internet le récit d’une jeune fille en fauteuil roulant et sous assistance respiratoire qui partait faire un tour du monde avec son mari. Là je me suis dit : si eux y arrivent, moi aussi je peux le faire. "

Déterminée, elle s’est mise à organiser ses futurs voyages. Quand on part en fauteuil roulant, il faut tout organiser de A à Z, et ce, longtemps à l’avance. L’été passé, elle a fait un tour d’Europe en 40 jours. 27 trains lui ont permis de sillonner 12 capitales Européennes. Un périple qu’elle dans lequel elle s’est lancée toute seule.

" Je voyage principalement seule. Malgré mon fauteuil roulant j’arrive encore à me transférer toute seule et à me débrouiller pour certaines choses. J’aime bien voyager toute seule parce que paradoxalement, quand on voyage seul, on ne l’est jamais. On fait toujours plein de rencontres, les gens viennent plus facilement vers nous. Que ce soit des locaux ou d’autres voyageurs, on discute tout le temps avec plein de gens, dans les bus ou dans les trainsLes auberges de jeunesses sont aussi de super endroit pour rencontrer du monde. "

La jeune femme raconte tous ses voyages et offre de précieux conseils sur son blog " Mille découvertes sur 4 roulettes ". Elle y poste toutes sortes de renseignements sur l’accessibilité des lieux qu’elle visite et des endroits où elle loge. D’ailleurs selon elle la Belgique est un des pays d’Europe le moins accessible aux personnes handicapées.

" Un fauteuil roulant, c’est mobile ! "

Beaucoup perçoivent le fauteuil roulant comme une prison, comme une fatalité, on parle même parfois d’être condamné à être en fauteuil roulant. Pourtant le fauteuil roulant est un véritable outil d’autonomie, et même, pour Blandine, un symbole de liberté.

" Je n’aime pas l’expression " cloué dans un fauteuil roulant ", parce que justement un fauteuil roulant c’est mobile, ça bouge ! Dans mon cas, c’est clairement mon fauteuil roulant électrique qui me donne ma liberté et qui me permet de bouger et d’aller presque partout où je veux. Avoir un handicap n’empêche pas d’avoir des rêves, et encore moins de les réaliser."

Blandine sera présente ce samedi 23 avril au Salon " Autonomies " à Namur expo, où elle donnera, à 16 heures, une conférence sur le tourisme pour les personnes handicapées, en collaboration avec deux associations.

enVIE d’amour : " Il faut oser aller vers les personnes handicapées "

Vincent Fries a 54 ans, il est atteint d’un handicap depuis la naissance. Il participe au salon " enVIE d’amour " où il coordonne un stand d’information sur internet. L’objectif de son stand est de permettre aux personnes souffrant d’un handicap physique ou mental d’appréhender les rencontres sur le net et d’utiliser l’outil à bon escient.

Trouver l’amour n’est pas chose facile pour les personnes atteintes d’un handicap. Être en couple entre personnes handicapées s’avère souvent délicat, puisque l’on peut dépendre d’une tierce personne même dans les moments les plus intimes. De l’autre côté, les relations amoureuses entre personnes valides, et personnes atteintes d’un handicap se font encore timides. Peur des responsabilités et surtout peur du jugement des autres empêchent certains de se lancer.

Vers un changement de mentalités...

Vincent est célibataire, mais il aimerait avoir une copine avec qui partager des activités et plus si affinités. Il revendique le droit à la vie affective et sexuelle comme un droit fondamental. Il espère qu’un jour les personnes handicapées auront les même chances de trouver l’amour que les personnes valides… Mais il reste du travail avant de faire changer les mentalités.

" Un énorme travail, qui avance à tout petits pas. Il faut du dialogue, il faut des rencontres. Il faut oser aller vers les personnes handicapées et non pas que les personnes handicapées soient toujours celles qui vont vers les autres, explique Vincent. "Quand une personne valide ose draguer une personne handicapé, eh bien c’est gagné. Parce que c’est la preuve que le handicap n’est pas un problème. Et c’est beaucoup plus satisfaisant pour la personne handicapée elle-même, parce qu’elle se sent ainsi reconnue en tant qu’être humain… accessoirement handicapée. "

Un salon pour faire tomber les tabous

Faire changer les mentalités, c’est un des objectifs du salon. A travers différentes activités, les visiteurs du salon pourront apprendre à se mettre en valeur grâce à la mode, à faire ressortir certains aspects de leur personnalité, ou encore même à draguer. Le but est d’aborder le sujet pour faire tomber les tabous.

Vincent, de son côté, reste préparé à toute éventualité. " Je draguerai peut-être pendant le salon, sait-on jamais, de belles rencontres peuvent déboucher sur quelque chose. On est d’abord là au service des personnes, mais bon, après si d’autres choses se passent, il faut rester open comme disent les jeunes… "

" Autonomies " et " enVIE d’amour " sont à découvrir à Namur Expo jusqu’au dimanche 24 avril.

Newsletter info

Recevez chaque jour toutes les infos du moment

Recevoir