Audition des premiers témoins dans le procès de la communauté bouddhiste d'OKC

Audition des premiers témoins dans le procès de la communauté bouddhiste d'OKC
Audition des premiers témoins dans le procès de la communauté bouddhiste d'OKC - © MICHEL KRAKOWSKI - BELGA

La sixième chambre bis de la cour d'appel de Liège a entendu jeudi les premiers témoins dans le cadre du procès de la communauté Ogyen Kunzang Choling (OKC) se revendiquant du bouddhisme. Plusieurs de ses membres et dirigeants doivent répondre de faux, extorsion, blanchiment, prise en otage d'enfants et abus sexuels. Le dossier comporte notamment une enquête qui reprend des faits déjà dénoncés en 1997.

Le chef spirituel de la communauté, Robert Spatz, dont la défense a déjà annoncé que les conclusions qu'elle rendra s'étaleront sur 800 pages, ne sera pas présent lors du procès. Il sera cependant représenté par ses avocats. 

Château des Soleils

La cour a entamé l'examen de ce dossier avec l'audition de témoins, dont une dame venue du Portugal pour témoigner devant la cour, à la demande de la défense. Présentée comme une pionnière de la communauté qui s'est installée en 1974 dans le Château des Soleils - dans la commune française de Castellane -, elle a révélé que c'est le père de Robert Spatz qui avait racheté le domaine qui était abandonné depuis 20 ans.

Les adeptes vivaient dans des conditions rustiques, sans eau courante ni électricité ou téléphone, alors que leur maître à penser disposait pour sa part d'une villa à Uccle. "Des conditions difficiles mais acceptées. À l'âge de 20 ans, cela constituait un défi plaisant. J'étais heureuse d'avoir découvert le bouddhisme", a indiqué la témoin avant d'exposer le quotidien de la communauté dans le château.

Enfants séparés des parents à 4 ans

Si elle a contesté avoir assisté à des violences physiques, privations, humiliations, sévices sexuels ou encore à des rituels d'éveil sexuel pour enfants, la femme a toutefois évoqué le travail bénévole des disciples et la séparation des enfants de leurs parents dès l'âge de quatre ans.

La témoin a minimisé le concept de culte voué à Robert Spatz. "Il y avait un degré de dévotion par rapport au maître spirituel. Tout le monde se prosternait. L'idée de vénération peut paraître poussée à l'extrême au regard des occidentaux mais elle paraît normale aux yeux des orientaux", a-t-elle soutenu.

Les auditions des témoins et des parties civiles se poursuivront jusqu'au 5 mars.
 

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