Au CPAS de Verviers, 32 bénéficiaires doivent "pointer" pour obtenir leur revenu d'intégration

Parfois, exceptionnellement, les CPAS obligent encore les bénéficiaires du revenu d’intégration à pointer, comme avant.
Parfois, exceptionnellement, les CPAS obligent encore les bénéficiaires du revenu d’intégration à pointer, comme avant. - © Olivier Hoslet - BELGA

Pointer quotidiennement, parfois pour obtenir une maigre allocation sociale… La règle était en vigueur pour les chômeurs en Belgique jusqu’en 2005 et elle a été supprimée. Par contre, parfois exceptionnellement, les CPAS obligent encore les bénéficiaires du revenu d’intégration à pointer, comme avant. C’est le cas notamment à Verviers, en province de Liège.

Le service public Intégration sociale s’étonne. Et sur les réseaux sociaux, les associations dénoncent cette pratique qualifiée d’humiliante et de vexatoire.

"Je devais me rendre tous les jours, à des heures différentes. Ça a duré ans pendant presque deux ans. C’est le principe du bracelet électronique", nous explique Benoît.

Aujourd’hui, Benoît a retrouvé un travail. Mais à Verviers, 32 bénéficiaires (sur 2350) doivent se soumettre à ce pointage qui ne fait pourtant pas partie des conditions d’octroi du revenu d’intégration.

"La loi nous donne la possibilité d’organiser les mesures de vérification pour bien venir prouver qu’ils sont sur le territoire de la commune ou qu’ils ne travaillent pas au noir. Donc, on ne rajoute pas une condition", se défend Martine Renier, présidente du CPAS.

Le président du SPP Intégration sociale, qui subsidie ces revenus d’intégration, s’étonne. "La législation prévoit les conditions dans lesquelles le revenu d’intégration est octroyé. Il n’appartient pas au CPAS de modifier ces conditions de manière générale, recadre Alexandre Lesiw. Par contre, pour une situation tout à fait exceptionnelle, un juge pourrait éventuellement considérer que c’est proportionné."

Bernadette Schaeck s’occupe de défense des allocataires sociaux, elle a fait cesser cette pratique à Braine-le-Comte en 2016. "C’est une mesure humiliante, vexatoire, c’est vraiment vous stigmatiser comme quelqu’un qui est considéré comme un fraudeur."

En juillet dernier, une dame a obtenu gain de cause devant le tribunal. Auparavant, trois autres décisions avaient été favorables au CPAS.

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