Le groupe terroriste État islamique revendique l'attaque de Charleroi, l'auteur est un Algérien

Le groupe terroriste État islamique a revendiqué sur Twitter via son organe de propagande Amaq l'agression dont ont été victimes deux policières à Charleroi

"L'assaillant de Charleroi est un soldat de l'EI qui a mené cette opération en réponse aux appels pour attaquer la population des pays de la coalition croisée", écrit Amaq sans toutefois préciser son identité, comme souvent.

L'agresseur a été touché par balles, avant de décéder à l'hôpital où il avait été conduit.

Un Algérien en séjour illégal et connu de la police

Le parquet fédéral, habituellement en charge des dossiers de terrorisme, s'est saisi de l'enquête et on en connaît plus sur l'auteur des faits: Kaled B., 33 ans est de nationalité algérienne et était en séjour illégal en Belgique depuis 2012. Il ne portait sur lui aucune pièce d'identité, ni téléphone portable au moment des faits, ce qui suppose qu'il n'a pas voulu laisser de traces.

"L'assaillant était également porteur d'un sac à dos. Ce sac a été examiné par le service de déminage SEDEE, mais ne contenait pas d'armes ou d'explosifs", indique le parquet fédéral dans un communiqué.

L'individu a été identifié et était connu des services de police pour des infractions de droit commun, mais pas pour des faits liés au terrorisme.

Selon le secrétaire d'État à l'Asile et à la Migration, Theo Francken, l'homme n'a pas respecté deux ordres de quitter le territoire.

Deux perquisitions ont par ailleurs été menées dans la nuit dans l'arrondissement de Charleroi, dont son domicile qui est passé au peigne fin. Selon nos informations, son entourage a été auditionné toute la nuit de samedi à dimanche. L'instruction est en cours.

Les deux policières plongées dans un coma artificiel

Les deux policières blessées dans cette attaque ont été plongées dans un coma artificiel avant d'être immédiatement opérées. Elles avaient été transférées à l'hôpital Notre-Dame de Charleroi. Elles ont désormais été sorties de leur coma. Les opérations se seraient bien déroulées.

Elles avaient toutes deux plus de 15 ans d'expérience dans la police. On sait à présent que l'auteur de l'agression à la machette survenue samedi sur le parvis de l'hôtel de police de Charleroi a été blessé par balle à deux reprises par Hakima, la première policière, qu'il a sévèrement blessée au visage. Il a également blessé sa collègue Corinne à la mâchoire et au cou avant d'être abattu par une troisième inspectrice.

Une réunion des services de sécurité s'est en outre tenue ce dimanche matin, le Premier ministre Charles Michel est revenu de ses vacances. Il a réuni les différents services de sécurité du pays – Sûreté de l'État, police, renseignement militaire... – et les ministres compétents, avant de se rendre à Charleroi dans l'après-midi.

Une enquête interne sera menée à la police de Charleroi pour faire la lumière sur les mesures prises pour sécuriser le commissariat.

Le parquet fédéral a immédiatement après l'attaque à Charleroi samedi ouvert une enquête pour tentative d'assassinat terroriste, compte tenu notamment des déclarations de l'auteur au moment de son passage à l'acte.

"Les premières indications semblent aller dans ce sens-là, mais je veux être suffisamment prudent dès lors que nous sommes en train, pour le moment, de collecter l'ensemble des indications et des informations, avait commenté samedi le Premier ministre. Je rencontrerai les différents services de sécurité. Nous allons faire le point sur la situation, et nous aurons certainement, dans les prochaines heures, plus d'informations."

L'OCAM, l'Organe de coordination pour l'analyse de la menace, a maintenu samedi le niveau de la menace terroriste à 3 sur une échelle de 4. Quant au niveau qui concerne les policiers, il est fixé au niveau 2+, avec des mesures de sécurité renforcées pour les commissariats.

Rappel des faits

Ce samedi après-midi, dans le centre de Charleroi, à proximité de l'hôtel de police, un homme a sorti une machette et a frappé deux policières en criant Allahou Akbar. L'une a été grièvement blessée.

L’auteur de l’agression a été blessé par balle par un troisième policier et n'a pas survécu à ses blessures.

"L'une est grièvement touchée, parce qu'elle a pris un ou plusieurs coups de machette très puissants au niveau de la face, précise David Quinaux, le porte-parole de la police de Charleroi. Elle devra donc subir des opérations chirurgicales. La seconde a été plus légèrement touchée, au niveau du visage également."

"L'agresseur est décédé, poursuit-il. Et effectivement, trois personnes attestent qu'il a crié Allahou Akbar en sortant sa machette et en portant des coups sur les policiers. Il n'est pas encore identifié au stade actuel de l'enquête."

Les faits se sont passés dans un périmètre de sécurité installé depuis plusieurs mois par la police locale. Un dispositif qui a fonctionné, car l'agresseur n'a pas pu accéder au bureau de l'hôtel de police.

"En fait, laisser les gens accéder à un hôtel de police, de façon libre, dans le contexte actuel, est une hérésie. Ce qui a été organisé, c'est une chicane qui oblige toute personne présente à y rentrer et à subir un contrôle. On voit aujourd'hui l'importance que cela a pu avoir."

Les jours des deux policières blessées ne sont pas en danger. Elles ont toutes deux reçu le soutien de leurs collègues très affectés par les faits.

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