Athénée Jean Absil à Etterbeek : nouvelle polémique autour des tenues vestimentaires des élèves

La zone de police Montgomery (Etterbeek, Woluwe-Saint-Lambert, Woluwe-Saint-Pierre) est intervenue ce mardi matin pour constater l’apparition de tags et d’affiches sur la façade l’Athénée royal Jean Absil, à Etterbeek. Des inscriptions critiquant un règlement d’ordre intérieur jugé trop strict en matière de tenues vestimentaires pour les filles. Sur certaines étaient indiqués "Absil à poil".

Tout aurait débuté vendredi dernier. Selon Géraldine Kamps, porte-parole de Wallonie-Bruxelles Enseignement, pouvoir organisateur de cet important établissement scolaire de la Région bruxelloise, "une mise au point a été faite auprès de certains élèves concernant leur tenue vestimentaire". Il fait chaud, le soleil brille après des semaines de mauvais temps : les crop tops et jupes courtes sont de sortie mais visiblement proscrits.

Une réunion avec le comité d’élèves

Selon un témoin anonyme, un tri aurait même été effectué à l’entrée de l’athénée entre celles qui respectent le règlement et les autres. Une information que nous n’avons pas pu confirmer. Mais ce qui est certain, comme le dit Wallonie-Bruxelles Enseignement, c’est que "le comité des élèves a invité la directrice pour en discuter et répondre aux questions". Une réunion est prévue ce jeudi.

Fin de la polémique ? Selon une source, "par solidarité, plusieurs élèves masculins sont venus revêtus d’un crop top, ce qui a passablement énervé la direction".

Par ailleurs, "la directrice a constaté ce mardi matin des tags sur les murs extérieurs de l’athénée et a prévenu la police. On ignore pour l’instant qui sont les auteurs", ajoute Wallonie-Bruxelles Enseignement. Michael Jonniaux, chef de corps de la zone nous confirme une intervention policière à 8 h 30 "qui a duré une heure", afin de constater les éventuelles dégradations. "Il s'agissait en fait de deux affiches qui ont été collées et invitant les élèves à ne pas respecter les règles édictées par l'école" relatives aux tenues vestimentaires.

Des règlements farfelus et sexistes

Ce climat autour des tenues vestimentaires des élèves n’est pas sans rappeler l’histoire d’Elza, renvoyée récemment à la maison en raison d’une tenue jugée trop provocante. Selon la maman citée par la DH et Le Ligueur, "Elza portait un short et des collants noirs jugés pas assez opaques. On ne lui a donné aucune explication. On l’a renvoyée comme ça. Elle est revenue, elle s’est changée, elle a enfilé un legging et elle est repartie."

Ce n’est pas le seul cas rapporté ces derniers jours. La DH, toujours, révélait lundi le courriel d’une direction d’école à Charleroi invitant les filles de l’établissement à ne plus porter de décolleté.

"De la transparence d’un collant à l’épaule découverte, les règlements d’ordre intérieur des écoles secondaires sont souvent farfelus mais surtout sexistes", déplore en tout cas de son côté la secrétaire d’État à l’Égalité des genres Sarah Schlitz (Ecolo).

Celle-ci appelle les écoles à appliquer dans leur règlement d’ordre intérieur les règles en vigueur en matière de non-discrimination. "Il est important de revoir les règlements avec des balises non genrées et non discriminatoires. Ça peut aussi être l’occasion de mener un travail pédagogique autour de la question de l’habillement. Il est, par exemple, inacceptable que des ROI indiquent encore que les filles n’ont pas le droit de porter de minijupe pour éviter de distraire les garçons."

 

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