Atelier SNCB en grève: une astreinte pour faire intervenir la police

Yvan Mayeur, le bourgmestre de Bruxelles-ville.
Yvan Mayeur, le bourgmestre de Bruxelles-ville. - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

La Ville de Bruxelles et son bourgmestre sont visés par une astreinte de la justice. Une astreinte dans le cadre d'un conflit social qui est totalement étranger à la politique communale : on parle ici du mouvement de grève dans un atelier de nettoyage de la SNCB. Un atelier géré en sous-traitance par BM&S. L'entreprise veut en fait obliger la Ville de Bruxelles à faire intervenir la police pour déloger les grévistes.

Ce mardi, le personnel de BM&S est reparti en grève. Ce sous-traitant de la SNCB est chargé du nettoyage des trains dans les ateliers de la SNCB à Schaerbeek. Le conflit social ne date pas d'hier. Et la direction entend y mettre un terme par la manière forte.

BM&S s'est donc adressée à la justice pour obtenir la levée du piquet de grève. L'entreprise a obtenu gain de cause. Mais l'huissier de justice mandaté n'a pas obtenu le concours des forces de l'ordre pour forcer les grévistes à laisser le passage aux travailleurs souhaitant prendre leur poste. BM&S est donc retourné devant le tribunal pour forcer la Ville de Bruxelles et son bourgmestre à intervenir pour faire cesser la grève.

"Nous n'avons pas pour habitude d'intervenir dans les conflits sociaux, déclare Yvan Mayeur (bourgmestre de Bruxelles). On ne va pas se transformer en intervenants dans les conflits, ils doivent se résoudre autrement: par la négociation, la discussion... Tout ça ne nous regarde pas! S'il y a une demande d'intervention de la force publique, il doit y a avoir un incident sur la voie publique qui le justifie, ou alors c'est le parquet qui décide de réquisitionner la police. Mais moi, je ne vois pas de raison d'intervenir dans un conflit social."

Le tribunal a condamné la Ville de Bruxelles à payer une astreinte de 10 000 euros par jour de retard en cas de non réquisition de la police. Le bourgmestre a pris un avocat pour faire opposition à la décision unilatérale de la justice. Mais ce mercredi matin, la police est quand même intervenue. Elle a dispersé le piquet de grève pour permettre aux travailleurs souhaitant travailler d'entrer dans l'atelier. Mais les grévistes ont menacé les non grévistes, explique l'avocat de BM&S, Maître Pierre Grégoire. La direction leur a dès lors conseillé de quitter les lieux.

Philippe Carlot

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