Assises Liège: l'arrêt cible la gravité des faits commis sur Valentin Vermeesch

Un dessin d'Igor Preys représentant les 5 accusés
Un dessin d'Igor Preys représentant les 5 accusés - © IGOR PREYS - BELGA

Le jury de la cour d'assises de Liège a motivé avec précision les différents chefs d'accusation retenus contre les cinq accusés dans le procès suivant la mort de Valentin Vermeesch. Dans l'arrêt de culpabilité lu jeudi, la gravité des actes de torture et des traitements dégradants infligés à à la victime a été soulignée.

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Dans la motivation de sa décision, le jury a relevé que l'enquête a dévoilé de multiples scènes remontant à la soirée des faits, qualifiées de barbarie ou de carnage, lors desquelles des sévices graves ont été infligés à Valentin. La cour relève notamment que le jeune homme a été balancé, vivant, dans une eau à 9,8 degrés, alors qu'il avait les mains menottées dans le dos et qu'il n'avait pas appris à nager.

Tortures, traitements inhumains, vulnérabilité de la victime

Sont retenus comme tortures le fait d'avoir laissé les menottes à Valentin alors qu'il demandait qu'elles lui soient enlevées, celui d'avoir simulé des scènes terrorisantes, d'avoir trainé la victime au sol, l'avoir accrochée à une barrière ou encore coupée avec un rasoir au niveau des jambes et du visage. Les accusés ont aussi brûlé Valentin au niveau des parties génitales, des jambes et du visage, lui ont porté des coups à répétition, l'ont balancé au-dessus de la Meuse, et ont discuté du moyen de le mettre à mort alors qu'il était encore conscient, ce qui est également retenu comme étant des actes de torture.

Les traitements inhumains sont aussi établis, selon le jury, dans le fait que les accusés ont amené Valentin Vermeesch à boire à une bouteille de bière sur laquelle se trouvaient des matières fécales, dans celui de l'avoir forcé à boire de l'urine et à manger une fricadelle trempée dans la cendre, ou encore dans leur tentative de lui faire avouer des faits qu'il n'avait pas commis et de le faire culpabiliser.

La circonstance aggravante de vulnérabilité de la victime a été retenue pour chacun des accusés, en raison du handicap mental léger dont souffrait Valentin Vermeesch mais aussi parce que les accusés lui ont fait ingérer de la drogue et de l'alcool pour l'affaiblir.

Alexandre Hart, Belinda Donnay, Dorian Daniels et Killian Wilmet ont été reconnus coupables de viol pour avoir forcé Valentin à s'introduire dans l'anus une bouteille et un stylo à bille, sous la menace d'un couteau et sous la menace verbale. Aucun élément ne permet, par contre, d'établir de manière suffisante que Loïck Masson était présent lors de ces scènes de viol, note le jury, qui n'a donc pas retenu ce chef d'accusation contre ce cinquième accusé.

Effet de groupe

Tous les accusés ont porté des coups à Valentin Vermeesch, relève l'arrêt. Par leur présence en bande, les accusés ont contribué à affaiblir Valentin. La décision d'éliminer Valentin a été prise par les cinq accusés sans équivoque dans ces circonstances, après avoir envisagé d'autres solutions, estime le jury. La solution finale a été déterminée par tous les accusés.

Alexandre Hart et Belinda Donnay ont posé des actes positifs en poussant Valentin à l'eau. Les trois autres accusés ne se sont opposés à rien et ne se sont pas désolidarisés du groupe alors qu'ils en avaient la possibilité, ont souligné les jurés. Chacun, par sa présence, a permis au groupe de fonctionner et de se renforcer, concluent-ils.

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