Assises Hainaut: Mohamed Ouachani n'est plus seul dans le box des accusés

La cour d'assises du Hainaut entame ce lundi le procès de Mohamed Ouachani mais aussi Mohamed Amerzoug. Tous les deux sont accusés d'avoir commis un meurtre pour faciliter le vol, commis la nuit du 17 au 18 décembre 2011 à Hyon (Mons).

Le procès, initié en juin 2015, avait été renvoyé à l'instruction car Mohamed Amerzoug avait avoué lors de son témoignage qu'il se trouvait à proximité de la scène de crime, la nuit des faits. Mohamed Ouachani avait été le seul à être renvoyé devant la cour d'assises car Mohamed Amerzoug avait bénéficié d'un non-lieu en cours de procédure devant la chambre des mises en accusation.

Le cas d'un mineur qui les accompagnait avait été confié à la justice française car les trois individus sont de nationalité française et originaires de Maubeuge.

Le 10 juin 2015, après trois jours de débat, la cour d'assises avait décidé de renvoyer le dossier à l'instruction car l'audience de la veille avait permis à la cour de connaître des éléments nouveaux. Ainsi, l'audition d'un témoin était jugée "capitale" par la cour. Ce témoin avait été placé en garde à vue au commissariat de police de Maubeuge en même temps que le mineur qui était en compagnie des accusés la nuit des faits. Le mineur se serait confié à ce témoin au sujet de ce qui s'était passé dans le domicile de Marc Meunier, co-gérant de la SPRL Delcambe, spécialisée dans la vente de chaussures, et fils de la fondatrice de l'entreprise.

Marc Meunier avait été agressé chez lui, en pleine nuit, alors qu'il revenait d'un concert donné dans l'église du village, le 17 décembre 2011. Le corps était allongé sur le ventre, les mains attachées dans le dos à l'aide d'un cordon électrique et les pieds entravés au moyen d'un pull. La victime avait été étranglée. Un ordinateur et une tablette ont été volés ainsi que la BMW de la victime et ses cartes bancaires.

Le 17 décembre 2011, entre 23h11 et 23h15, un individu avait été filmé en train d'effectuer des opérations bancaires à l'aide d'une carte appartenant à la victime dans une agence bancaire à Mons. Les enquêteurs avaient aussi relevé trois profils ADN sur une batte de base-ball qui se trouvait en partie sous le lit sur lequel gisait le corps de la victime: celui de la victime, celui de son fils et un troisième profil inconnu.

Ce profil sera rapidement identifié en France comme celui de Mohamed Ouachani, connu des autorités judiciaires françaises. Le sweat que portait l'inconnu de la banque a été retrouvé chez Ouachani dont le profil ADN a été aussi relevé dans la BMW volée et retrouvée par un gardien de la paix français, le 28 décembre 2011 dans une cité à Feignies, une commune française située à proximité de Maubeuge. Le profil de Mohamed Amerzoug avait aussi été relevé dans l'auto de la victime.

Faisant l'objet d'un mandat d'arrêt européen, les deux hommes ont été remis aux autorités belges et entendus le 12 septembre 2012 mais Mohamed Amerzoug avait été remis en liberté par arrêt rendu par la chambre des mises en accusation de la cour d'appel de Mons du 11 juin 2013. Il a fait l'objet d'une décision de non-lieu en sa faveur prononcée par arrêt rendu le 9 décembre 2014 par la chambre des mises en accusation de la cour d'appel de Mons, estimant qu'il n'existait pas de charges suffisantes à son encontre. Amerzoug soutenait qu'il n'avait jamais été à Mons la nuit des faits et qu'il avait accompagné les deux autres à Bruxelles.

Lors du premier procès, Me Jean-Philippe Mayence, avocat des parties civiles, avait démontré par le biais de l'analyse de téléphonie que Mohamed Amerzoug était présent à proximité de la scène de crime, le soir des faits, contrairement à ce qu'il avait déclaré.

Appelé devant la cour à titre de témoin et confronté à l'analyse de téléphonie, Mohamed Amerzoug avait finalement avoué sa présence à proximité de la maison de la victime.

Recherché par la police, Mohamed Amerzoug s'est présenté au commissariat de police de Mons au début du mois de décembre 2016. Il est détenu depuis les faits et il comparaitra cette fois-ci devant la cour en tant qu'accusé et non plus en tant que témoin.

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