Assises du Hainaut : le procès de Mohamed El Yamani a commencé ce lundi

Mohamed El Yamani dans le box des accusés
Mohamed El Yamani dans le box des accusés - © Belga - Virginie Lefour

Huit femmes et quatre hommes constituent le jury de la cour d'assises du Hainaut présidée par Monique Levecque. Il est amené à juger Mohamed El Yamani, 35 ans, qui doit répondre du meurtre, pour faciliter le vol, de Noël Matzoukis la nuit du 21 au 22 mars 2012 à Gilly près de Charleroi.

Le procès débutera ce lundi 13 mai par la lecture de l'acte d'accusation établi par l'avocat général, Marc De Brackeleer. Mes Olivier Dandois et Nicolas Tzanetatos défendront les intérêts de Mohamed El Yamani. Aucune partie civile n'est représentée au procès.

Noël Matzoukis, surnommé 'Nono' logeait dans un appartement situé au premier étage d'un estaminet de Gilly, le café 'Le Paris'. Tout comme Mohamed El Yamani, qui logeait lui au second étage, il donnait occasionnellement un coup de main en tant qu'extra à Nour Eddine S., le patron de l'établissement.

Le soir des faits, le patron avait confié la gestion du débit de boisson à Noël Matzoukis. Ce qui avait déplu à Mohamed El Yamani qui, selon des témoins, voulait gérer lui-même la caisse. Comme Noël Matzoukis s'y opposait, il l'aurait menacé, affirmant 'qu'il le lui ferait payer'.

Le lendemain, Noël Matzoukis était retrouvé mort égorgé et poignardé à de multiples reprises. Les enveloppes contenant la recette de la soirée avaient disparu.

La nuit du 22 au 23 mars 2012, l'accusé s'était présenté spontanément au commissariat de Bruxelles-Ixelles en déclarant avoir poignardé un homme.

L’audience de ce lundi

Ce lundi matin, Mohamed El Yamani a livré sa version des faits à la cour d'assises du Hainaut. Les propos de l'accusé, interrogé par la présidente, ont été parsemés de trous de mémoire et de contradictions.

S'il se souvient effectivement s'être bagarré avec la victime, Mohamed El Yamani affirme n'avoir aucun souvenir concernant les coups de couteau qu'il lui aurait porté. "La victime s'est emparée d'un couteau puis m'a frappé. Je me suis défendu. On s'est battus", assure l'accusé.

Face à la présidente qui lui explique que les médecins légistes ont relevé 19 plaies par lame, l'accusé se retranche derrière une importante consommation d'alcool et de cocaïne le soir des faits. "Je ne m'explique pas les coups de couteau. Quand je suis parti il vivait encore. Il criait", précise Mohamed El Yamani.

Pour pointer l'incohérence des propos de l'accusé, la présidente Monique Levecque a souligné qu'il était impossible que la victime ait pu crier comme il l'affirme alors qu'une plaie lui traversait le cou et lui perforait le larynx.

Mohamed El Yamani déclare encore que la lutte s'est déroulée à la fermeture du café 'Le Paris' au moment où ils rejoignaient ensemble leur logement respectif situé à l'étage de l'établissement. C'est sur le premier palier qu'ils en seraient venus à se bagarrer. Une version qui n'apporte aucune explication quant au fait que Noël Matzoukis ait été retrouvé vêtu seulement d'un slip et d'un T-shirt, dans sa chambre, le matelas du lit retourné. "Je ne me souviens pas", se contente de répondre l'accusé aux questions posées par la présidente.

L'après-midi sera consacrée à l'audition des inspecteurs en charge de l'enquête et des experts. Leurs analyses devraient permettre aux jurés de comprendre si la version de l'accusé est cohérente ou s'il ne se serait pas plutôt rendu volontairement chez la victime qui s'apprêtait à se mettre au lit pour lui soustraire la recette de la journée du café.

Belga

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