Assises du Hainaut : 15 ans de prison pour Mudusar, 25 ans pour le père

Ce lundi matin, l'avocat général a requis la perpétuité pour les parents et le frère de Sadia et une peine comprise entre 20 et 30 ans pour Sariya, la soeur cadette.

A peine le réquisitoire de l'avocat général était-il terminé que le palais de justice était évacué par la police en raison d'une alerte à la bombe.

Les débats interrompus ont repris dans l'après-midi. Ils se sont terminés vers 15 heures 30, heure à laquelle le jury s'est retiré pour délibérer à propos des peines. Les peines ont été prononcées peu après 19 heures.

Circonstance aggravante

Vendredi dernier, la cour d'assises du Hainaut a reconnu les 4 membres de la famille Sheikh coupables d'assassinat avec la circonstance aggravante du motif discriminatoire. Le père et le frère sont également reconnus coupables de tentative de mariage forcé.
Ce matin, l'avocat général Alain Lescrenier a rappelé que les accusés pourraient éventuellement prétendre à une libération conditionnelle au tiers de leur peine. Puis, il a souligné, à l'intention des jurés, que leur rôle n'était ni le pardon, ni la pitié, mais la justice.

"Un père et une mère n'ont pas hésité, pour un motif d'honneur, à faire exécuter leur fille qui refusait de se plier à leur volonté. Le frère, Mudusar, est un bourreau qui a exécuté froidement sa soeur sans même qu'elle ait eu le temps de réagir. C’est un traître, un espion, qui l'a houspillée pendant des mois et qui a décidé de la mort de sa soeur au sein du conseil familial. Ce sont des actes odieux qui ne peuvent bénéficier d'aucune circonstance atténuante", a-t-il asséné.

A Sariya, l'avocat général a reconnu une circonstance atténuante : son immaturité, et le fait qu'à 18 ans, son âge au moment du crime, elle était soumise à l'autorité familiale. L'avocat général a requis une peine moins lourde : 20 à 30 ans de réclusion.

Alain Lescrenier a encore souligné que la famille a poussé l'infamie jusqu'à faire enterrer Sadia, dans un cimetière au Pakistan, sur la parcelle de Abbas, ce cousin auquel elle a été mariée virtuellement, lui refusant jusqu'au bout le droit à la liberté qu'elle réclamait.

Belga, Daniel Barbieux

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