Assises du Hainaut : l'accusé a tiré sur son ami d'enfance à Jumet

Cours de Justice à Mons
Cours de Justice à Mons - © Google Street View

C’est ce lundi qu’a commencé à Mons le procès de Rodolfo Rosi jugé pour le meurtre de Jean-Marie Goblet commis le 1er août 2011 à Jumet près de Charleroi. Huit femmes et quatre hommes constituent le jury de la cour d'assises du Hainaut, présidée par Monique Levecque.

Rodolfo Rosi et la victime se connaissaient depuis l'adolescence. Ils ont habité le même immeuble à appartements à l'âge de 22 ans. Mais, à la suite de difficultés avec leur propriétaire, et à cause de Jean-Marie Goblet, l'accusé est retourné vivre quelque temps chez ses parents avant de quitter la Belgique.

Les deux hommes ont toujours maintenu le contact, se rencontrant de temps à autre. C'est ainsi que Rodolfo Rosi s'est aperçu que son ami s'adonnait à la boisson et consommait des stupéfiants. Début janvier 2011, malgré une longue interruption de leur relation, Jean-Marie Goblet a demandé à l'accusé de l'héberger quelque temps avec ses chats. Ce qu'il a accepté.

Mais la relation s’est rapidement dégradée et la cohabitation est devenue difficile. La victime, oisive, passait son temps à boire et à se droguer. Dès le 10 de chaque mois, Jean-Marie Goblet empruntait de l'argent à Rodolfo Rosi. La victime s'incrusta, s'imposa en maître et refusa finalement de quitter le logement.

Le 1er août 2011, les deux hommes décidèrent de dîner ensemble. Pour des anchois placés à l'envers sur une assiette, Jean-Marie Goblet se serait mis à insulter son hôte, qui se réfugia alors dans sa chambre. Quand la victime le traita de "pauvre pédé", l'accusé aurait saisi son arme et tiré une première fois pour intimider son ami et l'obliger à quitter les lieux. Mais au lieu de fuir, ce dernier se serait avancé vers l'accusé. Paniqué, Rodolfo Rosi aurait tiré dans sa direction.

Atteint au coeur, Jean-Marie Goblet se serait immédiatement écroulé. Et c'est l'accusé lui-même qui a directement appelé les secours.

Les intérêts de Rodolfo Rosi sont défendus par Me Michael Donatangelo. Ceux de la partie civile par Me Anne Ureel.

Première audience

Le procès au fond a commencé ce lundi par la lecture de l'acte d'accusation établi par l'avocat général, Alain Lescrenier.

Interrogé par la présidente Monique Levecque sur le déroulement des faits, survenus le 1er août 20111 à Jumet, Rodolfo Rosi, 60 ans, a expliqué en mimant la scène qu'il avait saisi son arme et tiré un premier coup de semonce pour intimider la victime afin qu'elle quitte son appartement. "Il m'avait traité de 'pauvre pédé'. De sa part, c'était du mépris. J'encaissais depuis des mois toutes ses insultes sans rien dire. Alors j'ai pris mon arme et j'ai tiré à côté de lui. Mais il s'est mis en garde et avancé vers moi. J'ai eu peur. J'ai alors levé le bras et le coup est parti dans sa direction", a indiqué l'accusé.

D'après Rodolfo Rosi, son ami, qu'il hébergeait chez lui depuis plusieurs mois pour le dépanner, était vicieux et sournois. Il buvait et fumait des joints quotidiennement, ce qui le rendait agressif.

L'accusé a reconnu s'être senti envahi par son hôte, précisant qu'il était sans cesse confiné dans sa chambre sous peine, sinon, de subir les " pétages de plombs " de Jean-Marie Goblet.

Concernant l'arme détenue à son domicile, l'accusé a affirmé l'avoir acquise un à deux ans plus tôt plus par goût des armes plus que pour réellement se défendre. L'interrogatoire de l'accusé s'est conclu par des regrets. "Je suis vraiment désolé de ce qui est arrivé mais je ne pouvais pas faire autrement", a confié Rodolfo Rosi.

Belga

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