Assises de Liège: Ihsane Jarfi était méconnaissable lors de sa découverte

Mutlu Kizilaslan, Jérémy Wintgens, Jonathan Lekeu et Eric Parmentier sont accusés d'avoir assassiné Ihsane Jarfi parce qu'il était homosexuel.
Mutlu Kizilaslan, Jérémy Wintgens, Jonathan Lekeu et Eric Parmentier sont accusés d'avoir assassiné Ihsane Jarfi parce qu'il était homosexuel. - © François Braibant

Le chef d'enquête a présenté jeudi matin devant la cour d'assises de Liège le début de son exposé au procès des quatre accusés de l'assassinat d'Ihsane Jarfi. Le corps de la victime avait été découvert le 1er mai 2012 dans un champ de Villers-le-Temple (Tinlot). Les photos de la découverte du corps, diffusées en audience publique, montrent qu'Ihsane Jarfi était méconnaissable en raison du très grand nombre de coups qui lui ont été portés.

Ihsane Jarfi (32 ans) avait disparu depuis la nuit du dimanche 22 avril 2012. Retrouvé mort le 1er mai 2012, il avait reçu de nombreux coups violents qui ont entraîné sa mort. Mutlu Kizilaslan, Jérémy Wintgens, Jonathan Lekeu et Eric Parmentier sont accusés de l'avoir assassiné parce qu'il était homosexuel.

Comme l'a démontré le chef d'enquête Nicolas Debrulle lors de l'exposé de son enquête, le corps d'Ihsane Jarfi a été retrouvé dans un champ de Villers-le-Temple (Nandrin) par un promeneur. Ihsane Jarfi reposait nu à l'entrée de ce champ. Pour accéder à cet endroit, les auteurs ont quitté une route nationale (la rue de Dinant) pour rouler durant 634 mètres dans la rue de l'Armoulin. Ils ont ensuite quitté ce chemin carrossable pour emprunter un chemin en terre en montée durant 473 mètres. Il existe une dénivellation de 33 mètres entre ce champ et la route carrossable.

Les photos de la découverte du corps ont été exposées en audience publique à destination principalement des jurés. Ihsane Jarfi était allongé sur le ventre à proximité d'un pylône électrique. Son corps présentait de très nombreuses traces de coups. Le visage était entièrement rougi et tuméfié par l'importance des coups. Pas une seule partie de son corps n'était exempte de trace. Outre les traces de coups contondants, Ihsane Jarfi présentait de nombreuses traces de coupures. Il s'agit de sillons qui se sont gravés de manière profonde dans son corps qui représentent des blessures occasionnées lors de multiples contacts avec des fils barbelés.

L'autopsie a confirmé des blessures en nombre conséquent occasionnées lors d'une scène d'une rare violence. Cette autopsie a démontré un écrasement de la cage thoracique qui a brisé 17 côtes, un écrasement cervical et des traces de coups portés avec acharnement à la tête, au thorax et à l'abdomen. L'agonie d'Ihsane Jarfi a duré entre 4 et 6 heures.

A la vision des photos de la découverte du cadavre et de l'autopsie, il apparaît que les explications livrées par les accusés sont insuffisantes pour expliquer le très grand nombre de traces qui se trouve sur le cadavre. Les photos et les constatations des légistes témoignent d'un acharnement important.

Belga

 

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