Assises: le corps de Claudia avait été retrouvé dans une valise

Le procès débutera ce lundi à la cour d’assises de Bruxelles (illustration).
Le procès débutera ce lundi à la cour d’assises de Bruxelles (illustration). - © Belga

Ce procès est en fait l'épilogue d'une disparition datant de juin 2009. Le corps de Claudia, une jeune Bruxelloise d'origine tchadienne, avait été retrouvé dans une valise dérivant sur l'Escaut, du côté de Valenciennes. Dans le box des accusés, on trouve son mari pakistanais et les deux frères de ce dernier.

Cette jeune femme moderne de 32 ans avait épousé un Pakistanais. Un petit garçon était né de cette union. Mais Claudia se plaignait de violences conjugales. Elle aurait alors demandé le divorce, ce que son mari n'aurait pas supporté.

En juin 2009, il l'aurait tuée. Son corps ligoté sera retrouvé 15 jours plus tard, dans une valise à proximité de la frontière française. C'est l'enquête sur les conversations passées à partir de son GSM qui a permis de confondre le mari. Il avait envoyé aux proches de Claudia des SMS bourrés de fautes d'orthographe, après la disparition de la jeune femme.

Un homme pakistanais accusé du meurtre d'une jeune femme, avec la complicité de sa famille à lui… Voilà qui rappelle la mort de Sadia, une jeune femme de Charleroi, qui refusait un mariage arrangé. On avait alors parlé de crime d'honneur.

Dans le cas de Claudia, il est encore trop tôt pour parler de crime d'honneur. Le mari reconnait juste "avoir pété les plombs". Il aurait ensuite tenté de brouiller les pistes pour ne pas être accusé, avant d'avouer son geste quelques jours plus tard.

De toute façon, la notion de "crime d'honneur", faisant référence à des contraintes culturelles pour refuser aux femmes de vivre la vie qu'elles souhaitent, cette notion n'existe pas en droit belge. On peut juste évoquer la circonstance aggravante que constitue le sexe de la victime. Dans ce cas, une femme serait victime de violences parce qu'elle est une femme. Et cela, c'est évidemment intolérable. C'est d'ailleurs cette notion qui avait été retenue dans le cas de Sadia Sheikh, à Charleroi.

Véronique Fievet

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