Assises Bruxelles: "il n'y avait pas de différend entre Debouverie et moi", a déclaré l'accusé

Assises Bruxelles: "il n'y avait pas de différend entre Debouverie et moi", a déclaré l'accusé
Assises Bruxelles: "il n'y avait pas de différend entre Debouverie et moi", a déclaré l'accusé - © POOL FRANCOIS LENOIR - BELGA

Tarek Ladhari a contesté, mardi matin devant la cour d'assises de Bruxelles, toutes les accusations portées contre lui, à commencer par le fait qu'il était en froid avec la victime. "Il n'y avait pas de différend entre monsieur Debouverie et moi. Et j'étais finalement un des seuls locataires à payer son loyer", a-t-il déclaré. Tarek Ladhari est accusé de meurtre sur Denis Debouverie, propriétaire de plusieurs restaurants dans le quartier de l'Ilot Sacré à Bruxelles. Il avait été découvert mort, égorgé, dans son bureau situé Petite rue des Bouchers, le 10 septembre 2008.

L'accusé a raconté qu'il avait fait la connaissance de Denis Debouverie et de son associé, Chekili A., en 1998 lorsqu'il a repris un débit de boissons dans le quartier de l'Ilot Sacré. Les deux hommes lui ont ensuite proposé, en 2002, de reprendre la gérance du restaurant "Le Vieux Colombier", puis de deux autres restaurants dont "La Petite Fontaine".

"Le loyer du "Vieux Colombier" était de 12.000 euros par mois. Avec les deux autres restaurants, j'en étais à 27.000 euros de loyer par mois. Je n'y arrivais pas", a-t-il raconté. Denis Debouverie, le propriétaire, avait alors engagé une procédure en justice contre Tarek Ladhari avant d'aboutir à un accord avec lui.

"Je gardais "La Petite Fontaine", dont le loyer était de 8.000 euros pas mois, et je lui versais en plus 1.000 euros pour combler les précédentes dettes. En 2008, je payais ce loyer. Il n'y avait pas de différend entre monsieur Debouverie et moi. J'étais un des seuls locataires à payer son loyer", a expliqué l'accusé à la cour.

Quant à son départ pour la Tunisie le 9 septembre 2008, soit le lendemain du jour supposé du crime, l'accusé a répondu que ce voyage était prévu depuis longtemps. Il a expliqué qu'il avait appelé sa mère pour lui dire qu'il partait poir venir leur rendre visite en Tunisie, mais la police n'a pas trouvé trace de l'appel passé et la maman de l'accusé a déclaré que son fils était venu sans avoir appelé au préalable. A cela, l'accusé a répondu que cette dernière était alors âgée de 80 ans et qu'elle avait été interrogée par la police six mois plus tard, ce qui pouvait expliquer qu'elle ne se soit plus souvenue qu'elle l'avait eu au téléphone.

L'accusé a également été interrogé sur des traces comportant son ADN retrouvées sur la scène de crime. Il a expliqué qu'il s'était rendu à plusieurs reprises dans le bureau de la victime en août 2008 et que par ailleurs des particules, comme un poil qui comporte son ADN, découvert sur la cuisse de la victime, avait pu être transférées. "Denis Debouverie venait lui aussi dans mon restaurant et s'y asseyait", a-t-il affirmé.

Tarek Ladhari, un homme d'origine tunisienne âgé de 64 ans, est accusé d'avoir tué Denis Debouverie. Ce dernier lui louait le restaurant "La Petite Fontaine", situé juste en face du restaurant "La Vieille Ville", au-dessus duquel Denis Debouverie avait son bureau et son appartement, dans la Petite rue des Bouchers à Bruxelles.

Denis Debouverie, âgé de 74 ans, possédait la plupart des restaurants de l'Ilot Sacré, centre historique de la capitale. Le 10 septembre 2008, il avait été découvert sans vie, étendu sur le sol de son bureau, l'artère carotide sectionnée.

Mardi, la cour d'assises a également rendu un arrêt pour répondre aux demandes de la défense et de la partie civile de reporter le procès en raison de l'absence de nombreux témoins importants. La cour a tranché en décidant de suspendre le procès durant dix jours dès le 10 octobre. Il reprendra le 21 octobre lorsque ces témoins seront disponibles pour venir témoigner.

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