Arrêter de taxer les carrières et les mines ? Une question débattue dans nos conseils communaux

La carrière de pierre bleue du Troydo, à Ouffet.
La carrière de pierre bleue du Troydo, à Ouffet. - © DR

Ces dernières semaines, une circulaire fait débat dans les communes qui ont une mine ou une carrière sur leur territoire. La Région wallonne demande aux communes de ne plus les taxer. Une mesure obtenue par le secteur minier pour compenser la perte engendrée par l’introduction en 2016 de la taxe kilométrique pour les camions.

La taxe rapporte en moyenne entre 35 à 45.000 euros par carrière aux communes concernées. Celles qui acceptent de ne plus prélever cette taxe reçoivent une compensation de la Région, qui couvre la totalité de la perte. Une opération financièrement blanche pour les communes.

A l'appréciation des communes

La décision est à l’appréciation de chaque commune. Si elle renonce à sa taxe, elle doit le voter en Conseil Communal. En 2017, une trentaine de communes ont fait appel à la compensation de la Région. Par exemple, la commune de Profondeville vient de renoncer à l’unanimité à cette taxe. "On y a vu simplement une opération qui ne change rien pour les finances de la commune. On n’est pas une commune en faveur de la carrière" ajoute, mal à l'aise, le bourgmestre Luc Delire. La commune avait conservé sa taxe en 2017. Le dossier est parfois sensible vu les nuisances engendrées par l'exploitation des carrières.

A Mont-Saint-Guibert "Même si on s’entend bien avec l’exploitant de la carrière, on a décidé de continuer à prélever la taxe", annonce l’échevin des finances, Julien Breuer. "On veut garder cette autonomie. Vous savez, on a aucune garantie que la compensation perdure dans le temps".

Certaines mines et carrières reçoivent un cadeau financier de la part de la commune sur laquelle elles sont implantées. D’autres non, et payent à la fois la nouvelle taxe kilométrique et la taxe communale. Une double peine ou un cadeau fiscal à l’appréciation de chaque commune … Une situation floue, un compromis "à la Belge".   

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