Arrêté d'insalubrité pour l'église du Gesu à Saint-Josse

Jean Demannez, bourgmestre de Saint-Josse, a pris un arrêté d'insalubrité pour l'église du Gesu
Jean Demannez, bourgmestre de Saint-Josse, a pris un arrêté d'insalubrité pour l'église du Gesu - © Belga

Le bourgmestre de Saint-Josse, Jean Demannez, a pris mercredi un arrêté d'insalubrité concernant l'occupation des locaux de l'église du GESU, face au Botanique. Cet arrêté lui donne le droit de faire expulser les occupants du bâtiment.

Le bourgmestre a pris cet arrêté parce qu'il se dit préoccupé du sort d'une soixantaine d'enfants, essentiellement Roms, qui vivent dans un endroit où les détritus s’amoncellent et les rats se multiplient sans chauffage, sans eau, ni électricité.

Le 26 octobre dernier pourtant, les occupants signaient une convention avec le propriétaire du bâtiment pour pouvoir y rester... à condition de maintenir les lieux en état.  Mais depuis, les choses ont apparemment évolué si bien que le bourgmestre a décidé de s'attaquer à la situation.  Selon lui, la responsabilité incombe à l’autorité fédérale, Fedasil en l’occurrence.  « C’est Fedasil qui a pour mission de gérer ce type de problème.  La situation pourrait être comparée à une commune qui ne paye pas ses factures.  Elle se retrouve dès lors assignée.   Pour l’agence fédérale pour l’accueil des demandeurs d’asile, c’est le même principe.  Si le collège se prononce et l’assigne, alors Fedasil sera contrainte de faire son devoir, c’est-à-dire assurer la sécurité des enfants qui sont ici et des parents accessoirement.»

Qu'en pensent les adultes qui sont là depuis le début et qui ont signé la convention avec le propriétaire? Voici la réponse de Tadzio, leur porte-parole : « Cela fait maintenant 3 hivers qu’on habite dans un bâtiment vétuste avec des conditions qui ne sont clairement pas idéales.  Le fait de ne pas avoir d’électricité et d’eau nous complique considérablement la tâche.  Mais on a bon espoir de remédier à ça le plus rapidement possible.   L’avis d’insalubrité qui a été émis nous surprend parce qu’on est rentrés dans un bâtiment qui à l’époque était déjà insalubre et ça a été notre quotidien pendant plus de deux ans.  Une des parties de la lutte des habitants a été de faire de ce bâtiment une maison, notamment en négociant avec le propriétaire pour obtenir une adresse légale.    On est donc assez surpris de recevoir maintenant une menace d’expulsion si des problèmes devaient encore survenir.  C’est un peu perçu comme une épée de Damoclès.»

Au lieu des menaces d’expulsion, les occupants du Gesu aimeraient un peu plus de soutien de la part des autorités. « Si on ne nous mettait pas des bâtons dans les roues mais qu’on nous soutenait, ce bâtiment serait mieux organisé.  C’est tout ce qu’on demande au monde politique et aux organisations… »  Tadzio rappelle aussi que pendant tout un temps, ils ont été une solution pour l’accueil.  Aujourd’hui, il ne faudrait donc pas qu’ils deviennent un problème.  

Le bourgmestre assure que les occupants adultes pourront rester, c'est le sort sanitaire des enfants qui le préoccupe principalement

Betty Cleeren – Delphine Hotua

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