Arne Quinze: l'effondrement de la sculpture ne serait pas une première

Arne Quinze: une structure similaire se serait déjà effondrée à Shanghaï
Arne Quinze: une structure similaire se serait déjà effondrée à Shanghaï - © Tous droits réservés

A Mons, la sculpture monumentale d'Arne Quinze est toujours en cours de reconstruction, après son effondrement mercredi. Peut-on être totalement rassuré sur sa solidité désormais ? Oui, si l'on en croit l'artiste. Mais des informations contradictoires nous sont parvenues. Il y a 3 mois, une sculpture du même type se serait déjà effondrée à Shanghai. Et vraisemblablement, les arguments avancés par Arne Quinze ne convainquent pas tout le monde.

C'était ce vendredi matin, dès les premières opérations d'enlèvement des débris de la sculpture montoise. L'artiste Arne Quinze, très pressé de tout remettre en état, nous déclarait alors qu'il avait déjà construit une trentaine de sculptures dans le monde, dont des beaucoup plus grandes, et qu'un tel effondrement n'était "jamais arrivé": "Sur plus de 15 ans, il n'y a jamais eu d'accident". 

Des propos qualifiés de mensongers par un ancien collaborateur de l'artiste. Photos à l'appui, ce dernier -qui souhaite conserver l'anonymat- évoque un autre accident. Des clichés pris à Shanghai au mois d'août dernier montrent l'effondrement partiel d'une structure du même type. Il n'a fait aucun blessé et -d'après notre source-, rien n'aurait filtré pour préserver l'artiste du scandale.

Mais pour notre informateur qui affirme ne pas vouloir avoir de mort ou de blessé sur la conscience, impossible de rester à nouveau silencieux après l'effondrement de Mons. 

"Ça ne s'est jamais produit auparavant"

Arne Quinze, lui, était encore ce samedi soir en pleine réparation. Il maintient sa version: "Ça ne s'est jamais produit auparavant". Quand on évoque l'éboulement similaire de Shanghaï, l'artiste nie: "Non, pas du tout. Je ne suis pas au courant. On a eu une petite sculpture où il y a eu des termites, mais jamais une sculpture ne s'est écroulée", assure-t-il face à notre journaliste.

Et les photos qui montrent des poutres par terre ? "On a coupé les mauvaises poutres rongées par les termites, ce sont les seules photos que vous pouvez avoir", affirme-t-il encore, estimant que les personnes qui parlent de cet éboulement similaire mentent. 

Après notre interview, Arne Quinze a directement annoncé une action en justice pour diffamation. Il affirme être victime d'un ancien collaborateur trop gourmand financièrement et jaloux d'avoir été écarté du projet. 

Mais notre source, informée de son intention, a confirmé ses propos par écrit: "Si des dégâts liés aux termites ont bel et bien existé, ils ne sont pas responsables de tout l'effondrement photographié à Shanghaï". 

Pour les responsables de Mons 2015 qui se seraient bien passés de cette nouvelle polémique, la surprise est totale. Et la prudence de mise: jamais cet effondrement n'a été évoqué, même s'il a été le fruit de causes extérieures, assure Philippe Degeneffe, Commissaire général adjoint de Mons 2015. "Quelle que soit la décision qui sera prise à l'avenir, une seule chose guidera cette décision, c'est bien évidemment la sécurité". 

D'après nos dernières informations, la reconstruction actuelle n'est pas remise en question suite à ces nouvelles révélations. Seul un comité d'experts indépendants aura le mot de la fin dans ce dossier décidément bien délicat. 

Les travaux de réparation devraient être terminés ce lundi. L'axe de la rue de Nimy où est implantée l'installation restera fermé jusqu'aux résultats des contre-expertises.

Thomas Rorive

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