Arlon : tensions durant le conseil communal consacré à l'Espace Léopold

Voici ce à quoi devrait ressembler la Place Léopold d'Arlon dans le futur.
Voici ce à quoi devrait ressembler la Place Léopold d'Arlon dans le futur. - © Atelier d'Architecture Pierre Hebbelinck en association avec L'arche Claire et MSA

La minorité arlonaise, composée de "Pour vous" et "Ecolo + ", a convoqué un conseil communal extraordinaire, ce mercredi 7 avril à 19h00, concernant les futurs travaux de transformation de la Place Léopold. Un parking souterrain et une place piétonne, notamment, devraient voir le jour à cet endroit. Jean-Marie Triffaux et Romain Gaudron, chefs de l’opposition, montent au créneau.

L’ordre du jour n’était guère copieux, il n’y avait que deux points à traiter : la présentation par l’observatoire de l’Environnement des résultats de son sondage sur le projet ainsi que la visualisation des offres reçues par la ville pour la réalisation des travaux. Pourtant, la réunion du conseil communal a duré plus de 3h00 et il faut dire que les échanges entre les élus ont été assez nourris. Vincent Magnus, le bourgmestre, parle d’un "conseil politique".

"On n’a pas discuté sur le projet. Le projet, il est connu et reconnu depuis déjà pas mal de mois, voire plusieurs années (…) La Région Wallonne est très attentive à ce que tout se passe bien (…) Il ne faut pas croire que c’est un projet qui est sorti de terre il y a 8 jours et que nous n’avons pas pris toutes nos précautions", explique Vincent Magnus, le bourgmestre d’Arlon.

L’intervention de l’observatoire de l’environnement a été refusée

Le conseil communal, via un de ses membres, a souhaité entendre l’observatoire de l’environnement. L’association s’est posé deux questions principales : "le projet actuel de rénovation de l’Espace Léopold est-il encore désiré par la population ? Quels sont les arguments des citoyens qui supportent le projet ou s’y opposent ?" Pour obtenir des réponses, celle-ci s’est tournée vers les citoyens d’Arlon et de la région.

Vincent Magnus a estimé qu’il n’était pas opportun que l’observatoire de l’environnement intervienne sur la demande d’un parti politique pour présenter les conclusions de son enquête. Romain Gaudron, chef de file "Ecolo + ", rétorque qu’il s’agit d’une "intervention citoyenne". Et Vincent Magnus de répondre que ce n’est pas le cas. Le conseiller communal Marc Kerger évoque, quant à lui, "un sondage biaisé", Pierre-Philippe Balon parle d’une "farce" et d’une "pétition plutôt qu’un sondage".

Tout ceci n’a fait qu’accentuer la colère de la minorité. De son côté, le mayeur expose, avec le soutien de son directeur général, la réponse de la tutelle sur ce cas précis : "l’intervention de personnes extérieures au conseil communal, lors des séances de ce dernier, est expressément réglée par le code de la démocratie locale et de la décentralisation. Une telle intervention est donc permise, pourvu qu’elle soit acceptée par le conseil communal et que le sujet soit de la compétence de celui-ci". Un vote a donc eu lieu juste après les prises de paroles des différents élus. Voici les résultats : 16 voix contre et 9 voix pour (4 membres étaient absents), le conseil a donc refusé que l’observatoire de l’environnement intervienne durant la séance. Outrée, l’opposition compte à nouveau se mobiliser.

"Nous estimons qu’il y a là un délit de démocratie de la part du bourgmestre d’Arlon (...) Vincent Magnus possède une double casquette : celle de bourgmestre et celle de président du conseil communal pour empêcher le débat (...) Nous n’allons pas en rester là", ajoute Romain Gaudron, chef du groupe "Ecolo + ".

"La majorité a à la bouche les mots : respect, dialogue et participation. Mais quand il faut entendre les résultats du sondage, là, ils ne veulent pas", conclut Jean-Marie Triffaux, chef de file de "Pour Vous".

Un premier marché attribué

En deuxième partie de soirée, la minorité a présenté les résultats de ce fameux sondage. Plusieurs échanges sur le sujet ont encore eu lieu durant de très longues minutes. Des conseillers ont, notamment, évoqué la crainte de certains commerçants pendant le chantier. Le second point à l’ordre du jour, soit la présentation des offres reçues par la commune, ne s’est déroulé qu’après 22h00. Le premier marché a été attribué à l’Entreprise Socogetra, pour un montant de 388.000 euros, en ce qui concerne les travaux de fouilles archéologiques. Une rencontre avec la ville et Idélux doit avoir lieu pour fixer la date de début des travaux. Ceux-ci commenceraient fin avril ou début mai à hauteur du bureau de Bpost. Après une analyse très précise, Romain Gaudron n’a pas hésité à pointer du doigt certains points à l’attention du bourgmestre, comme le dépassement des montants alloués au projet. Vincent Magnus ne peut le promettre, mais il assure qu’il y veillera personnellement. Les coûts de l’ensemble du projet sont estimés à plus de 15.000.000 euros. A noter que pour bénéficier des quelque 5.700.000 euros de subsides, les travaux doivent être terminés d’ici la fin de l’année 2023. Reste à voir si les décideurs arlonais parviendront à trouver un terrain d’entente sur ce projet.

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