Arlon: Gatien Dardenne s'est installé avec ses sculptures de métal

- © RTBF

Il y a des gens qui vibrent et font vibrer ceux qu'ils rencontrent. Gatien Dardenne est de ceux-là. Il est ferronnier et forgeron. Les œuvres qu'il crée font oublier le métal d'où elles sont tirées.

Les sculptures qu'il compose se font chair et sang, elles coulent comme de la musique. Après « Metal Jazz in the street », il vient de ressusciter « Ray Charles au micro et au piano, accompagné d'un trio ». Saisissant.

Transmettre et recevoir
C'est l'objectif de Gatien Dardenne. Un objectif qu'il va réaliser comme un nomade "passionné des courbes, des allures, des reflets ; un grand rêveur, un idéaliste peut-être".
Il a suivi une formation de maréchal-ferrant, puis de ferronnier. Il a besoin de se mesurer à la matière, Gatien ! Il a besoin de la route aussi parce qu'il a compris que le bonheur est le chemin. Au volant d'un ancien camion militaire auquel est attelée une remorque, remplie de matériel et de sa forge, il est parti. L'Afrique était sa destination. Il s'arrêtera à Bango, en brousse, au Sénégal.
Il y a créé son atelier, il en a fait un centre de formation, un atelier familial "où le sable couvre le sol, où le fer prend vie"., peut-on lire sur son site. Sa passion, son savoir-faire, il les transmet à des jeunes désireux d'apprendre le métier de forgeron. Issakh, Jamel, Lamine sont ses apprentis. Quand ils seront formés, repartira-t-il sur les routes à la rencontre du monde ?

Le nomade, parfois, redevient sédentaire. Il rentre à Houyet, petit village au bord des Ardennes. L'ancrage de ses racines, c'est dans sa famille, près de sa mère et de son père Milo, peintre réputé, qu'il le savoure. C'est-là qu'il a appris l'audace du talent, le goût de l'aventure et de la liberté. Gatien est un chasseur, les sens toujours à l'affût.

Ray Charles en trio
L'artiste est passionné par le jazz, où il puise les vibrations du swing pour en marteler les tôles, en rythmes syncopés, avant de les assembler. Ainsi est née l'uvre exposée à la Maison de la Culture d'Arlon. Ainsi est née l'uvre intitulée « Metal Jazz in the streeet » qui embarquera prochainement à destination de New-York pour une exposition prestigieuse. Richard Borhinger, avec qui il a partagé des nuits tropicales, en prépare le catalogue.

Jusqu'au 30 juin 2010, dans le foyer de la Maison de la Culture d'Arlon, en visite libre.

 Vous verrez Ray Charles donnant le tempo en trio, dans l'attitude qu'on lui connaissait au piano, tronc incliné en arrière, mais tête relevée vers les étoiles.

 Peut-être l'entendrez-vous chanter ? 

Jean-Pierre Pirson

Newsletter info

Recevez chaque jour toutes les infos du moment

Recevoir