ArcelorMittal peut-il mettre ses menaces à exécution?

La menace patronale de n'octroyer que les indemnités légales de licenciement va-t-elle être mise à exécution ? Il n'est pas exclu que les derniers événements, dans la sidérurgie liégeoise, comporte une part de comédie, de jeu de rôles.

Les syndicalistes, devant une enveloppe sociale plutôt pingre, cherchent peut-être simplement à calmer les ardeurs ouvrières, à montrer qu'ils se battent jusqu'au bout pour aller arracher le dernier centime. Mais peuvent-ils encore obtenir un "plus" ? C'est risqué.

La direction d'ArcelorMittal, de son côté, se drape dans sa dignité. Elle se contente de prendre acte du refus de ses propositions. Mais peut-elle aller jusqu'à mettre ses menaces à exécution, et n'accorder que "le légal"? C'est encore plus risqué. Parce que des membres du personnel insatisfaits des conditions de désengagement vont être bougrement tentés par des recours individuels devant le tribunal du travail. Or, la procédure de licenciement collectif, même si elle a duré treize mois, a connu plusieurs cafouillages : des conseils d'administration de pure forme, des variations dans le nombre d'emplois à supprimer... Et la jurisprudence locale est plutôt sévère envers les employeurs. Et ça risque de coûter cher.

Une grève de vingt-quatre heures et une lettre à l'état-major européen de la multinationale peuvent-elle suffire à renouer un semblant de dialogue ? C'est l'enjeu des jours à venir.

Michel Gretry

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