ArcelorMittal: ouvriers et employés en grève après le rejet du plan social

A une quasi unanimité, les ouvriers d'ArcelorMittal ont donc rejeté les propositions qui sont sorties de la conciliation sociale. Ces ouvriers étaient réunis en assemblée générale ce lundi matin, à Ougrée. Une assemblée qui n'a duré que 20 minutes, le temps de refuser en bloc les propositions. Des propositions qualifiées d'"imbuvables". Au niveau des départs volontaires par exemple, les 6 mois de salaire en plus du préavis légal sont jugés totalement insuffisants.

Les ouvriers se sont ensuite rendus à Renory, un port utilisé par ArcelorMittal, pour jeter dans la Meuse symboliquement des bobines de tôles.

Après une heure d'explications, les employés d'ArcelorMittal -ils étaient environ 500 à Rocourt- sont eux aussi passés au vote, et ils ont suivi la proposition des délégués. Résultat : c'est également "non" aux conditions proposées par la direction. "Les travailleurs ont refusé cet accord. Ils estiment qu'il est totalement imbuvable et ne veulent absolument pas entendre parler de conditions de licenciement dans un premier temps et encore moins de conditions salariales revues à la baisse telles que présentées dans cet accord" a expliqué Philippe Collinet, pour la CNE.

"Je crois que le vote ouvrier a mis la pression" a précisé Patrick Wiomont pour le Setca. "Mais je pense que c'était quand même le bon choix".

Les syndicats souhaitent à présent rencontrer la direction générale du groupe, dont le siège est à Luxembourg, pour obtenir de meilleures conditions financières pour les salariés de la "phase à chaud", ainsi qu'un plan industriel pour la "phase à froid", qui emploie encore quelque 2000 personnes à Liège et que les syndicats estiment menacée de fermeture.   

Si ces discussions n'ont pas lieu ou qu'elles n'aboutissent pas, les organisations syndicales préviennent qu'elles mèneront de nouvelles actions, "plus musclées". "On risque d'entrer dans un combat très dur", a averti un responsable de la FGTB, Jean-Luc Rader.

La direction regrette le rejet de son plan social par les travailleurs

La direction, de son côté, avait publié un communiqué disant ceci : l’accord proposé est la seule voie permettant de limiter au maximum les licenciements. Il n'y aura pas d'autre négociation. Si cet accord ne devait pas être accepté, nous devrions - dit encore le communiqué de la direction - en revenir à l'application stricte de la loi, c'est à dire licencier. Après treize mois de négociation, la période pendant laquelle la procédure Renault interdit les licenciements est écoulée.

La direction d'ArcelorMittal Liège regrette le rejet de son plan social. Elle La direction déplore également l'action spontanée qui a suivi ces réunions, à savoir le jet de bobines d'acier dans la Meuse à hauteur du hall de stockage de Renory.

"Par ailleurs, nous avons enregistré la demande des syndicats qui souhaitent rencontrer la direction des 'Plats carbone Europe'. Nous allons prendre attitude par rapport à cela", indique le porte-parole de l'entreprise, Etienne Botton.

Une grève de 24 heures a été décidée à la suite des assemblées générales de lundi. Le travail devrait reprendre mardi à 14h, mais d'autres actions pourraient suivre.

 

F. Braibant et M. Gretry

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