ArcelorMittal: lignes de production à l'arrêt, quelles conséquences pour les travailleurs?

Depuis mercredi dernier, aucun produit fini ne sort des sites liégeois d'ArcelorMittal. Ils sont bloqués par les piquets. La direction n'a pas obtenu l'ordonnance demandée. Or, dans les usines, la production continuait. Inutilement a considéré la direction. Il nous revient que puisqu'elle ne peut plus livrer ses clients, elle a décidé d'arrêter ses lignes. Ça, c'est le côté épreuve de force.

En même temps, le ministre Marcourt est rentré. Et les téléphones chauffent entre le cabinet, la direction et les organisations syndicales. Il est question de réunir toutes les parties. En bi ou en tripartite. Aucun agenda n'a encore été bloqué.

L'urgence commence à se faire sentir. Le permanent SETCA Egidio di Panfilo l'exprime en une phrase : "Dans les 48 heures, il faut parvenir à un accord". Reste que deux logiques s'affrontent : les syndicats veulent revenir devant leur base avec "un petit quelque chose de plus". Le groupe ArcelorMittal gère plusieurs crises sociales en Europe. Céder aux Liégeois, c'est donner des idées aux travailleurs des autres bassins. L'intérêt du groupe, c'est de se montrer inflexible.

Quelles conséquences pour les travailleurs?

Toutes les activités sont à l'arrêt mais une petite partie du personnel travaille quand même. L'entreprise est passée en mode "garde d'outils". Ces derniers ne peuvent en effet pas être laissés sans surveillance.

Une garde est aussi organisée pour permettre le payement des salaires ou maintenir les contacts avec les clients, par exemple.

Chaque chef de département a dressé sa liste de personnel de garde. Tous les travailleurs qui n'y figurent pas restent chez eux. Ceux qui disposent encore de jours de congés ou d'heures de récupération à prendre les utilisent. Ceux qui n'ont plus ni l'un ni l'autre sont mis au chômage pour faits de grève.

Les sous-traitants d'ArcelorMittal n'ont évidemment plus de travail non plus.

Côté clients, ArcelorMittal Liège a entrepris des démarches pour que ceux qu'elle ne peut plus livrer puissent être approvisionnés par un autre biais pour éviter qu'ils ne soient eux-mêmes bloqués.    

 

F. Braibant, M. Giot

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