ArcelorMittal: les travailleurs manifesteront à Namur mardi

Les travailleurs se réunissent ce lundi matin pour réfléchir à un plan de contre-attaque.
Les travailleurs se réunissent ce lundi matin pour réfléchir à un plan de contre-attaque. - © Belga

Comment réagir aux nouvelles fermetures dans la sidérurgie liégeoise ? La grève va-t-elle se poursuivre ? La nationalisation est-elle toujours une revendication ? Une assemblée générale des travailleurs d'ArcelorMittal s'est tenue ce matin à Ougrée. D'ores et déjà, la décision de manifester à Namur mardi a été prise.

Dans un communiqué officiel, il faut savoir lire entre les lignes. Alors, qu'a dit le gouvernement wallon, vendredi ? Il a dit: "Le ministre de l’Économie est chargé de rechercher une reprise, totale ou partielle des activités, par un autre opérateur industriel, avec le cas échéant le soutien de la région wallonne."

Trois éléments sont à souligner:

"Une reprise totale ou partielle": c'est-à-dire, les sept usines que Mittal veut fermer, mais peut-être les cinq autres en plus, et peut-être un haut fourneau en plus, si nécessaire.

"Avec le soutien de la région wallonne", ça signifie que l'hypothèse d'un "portage public" n'est pas abandonnée, une prise de contrôle des outils, plus ou moins temporaire, par un organisme d'état, voire un financement par une banque d'état, ça n'est pas exclu.

Dernier détail: c'est le ministre de l’Économie qui reprend la haute main sur le dossier. A l'été, les syndicats avaient presque réussi à convaincre Marcourt de leur plan alternatif de nationalisation. Mais en septembre, c'est Demotte qui a jugé l'affaire aventureuse, et qui a pesé en faveur d'un sacrifice du "chaud" dans l'espoir de sauver le "froid". Ce calcul s'est avéré faux. Le président semble désormais en retrait dans le dossier Mittal. Ce qui change légèrement la donne. Voilà sans doute les bases de la réflexion stratégique ou tactique des délégués du personnel. A traduire en mots d'ordre.

Une ambiance très tendue

"C'est encore du vent!" entendait-on dans la foule rassemblée à Ougrée lors de l'assemblée générale. Beaucoup de travailleurs ne croient manifestement plus aux engagements des responsables politiques. "On ne va plus les lâcher, il n'est plus question de les laisser tranquilles", leur répondent les délégués syndicaux. C'est pour cette raison qu'une manifestation sera organisée mardi à Namur. Les travailleurs se donnent rendez-vous devant la gare de Namur à 12h, pour rejoindre l'Elysette en cortège. Les responsables syndicaux ont également évoqué le projet de défiler au Luxembourg, devant le siège d'ArcelorMittal, et à Strasbourg, devant le Parlement européen.

Quelques 1500 personnes étaient présentes à l'assemblée générale. Une délégation de travailleurs de Ford Genk s'était également déplacée.

La reprise du travail ne se fera que mercredi au plus tôt, a-t-il également été décidé. Certains esprits se sont légèrement échauffés à la fin de la réunion, et la nervosité restait grande parmi les personnes présentes.

W. F., avec Michel Gretry

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