ArcelorMittal: les réactions politiques

Le HF d'Ougrée
Le HF d'Ougrée - © Michel Krakowski (Belga)

Suite à l'annonce par ArcelorMittal de la fermeture de la phase à chaud liégeoise, les réactions politiques vont dans le même sens. Partout, c'est l'incompréhension et la consternation qui domine.

Face à la tragédie sociale et économique qui menace le bassin sidérurgique liégeois, la députée wallonne Christine Defraigne en appelle à "la mobilisation des forces vives" tant politiques qu'industrielles pour limiter l'impact d'une décision qui touchera des centaines de travailleurs et leurs familles. 

Ecolo réagit avec consternation

Ecolo a réagi mercredi avec "consternation" à l'annonce de la fermeture de la phase à chaud liégeoise. "Outre le drame social que représenterait cette fermeture, c'est aussi des pans entiers de recherche et de développement dans les secteurs verts qui risquent de disparaître", regrettent les écologistes liégeois qui craignent "des conséquences extrêmement graves à terme pour la phase à froid".

Les Verts dénoncent la stratégie de la haute direction d'ArcelorMittal dont le seul objectif a été "le maintien de ses profits à court terme, quelles que soient les conséquences pour l'emploi". 

Ecolo assure qu'il veillera à ce que le gouvernement wallon prenne toutes les mesures pour venir en aide aux travailleurs et à leurs familles le plus rapidement possible.

Le PTB attend une réaction rapide des autorités

Après l'annonce du drame social, le PTB dit attendre des autorités une réaction aussi rapide qu'elle l'a été pour Dexia. "On a vu des ministres décider en moins de 24 heures de débloquer 4 milliards d'euros pour sauver une banque qui avait spéculé avec l'argent des communes", souligne-t-il.

Le PTB rappelle enfin sa proposition visant à interdire aux entreprises faisant des bénéfices de licencier.

Le bourgmestre de Seraing en appelle à la mobilisation

"Malgré le sentiment de rage incommensurable provoqué par l'annonce de la direction d'ArcelorMittal, il ne faut pas sombrer mais il faut rester mobilisé", a commenté mercredi soir à BELGA le bourgmestre de Seraing, Alain Mathot.

S'il qualifie de "catastrophique" la fermeture de la phase à chaud, Alain Mathot estime qu'il ne faut pas baisser les bras. "Les forces vives doivent se mettre autour de la table et réfléchir pour tenter de trouver une solution. Nous devons tous nous battre", a-t-il commenté.

Le bourgmestre veut encore y croire. "Avec le ministre Marcourt, nous avons déjà pu convaincre une fois la direction de changer d'avis et de relancer le haut-fourneau. Pourquoi pas cette fois? Si ça ne marche pas, pourquoi ne pas penser à une revente? Les outils sont là et peut-être qu'ils intéresseront un autre groupe... Tout doit être envisagé", a-t-il remarqué.

Alain Mathot précise qu'il est totalement solidaire avec les travailleurs. "La fermeture concerne plusieurs milliers de personnes; au moins 2000 familles quand on compte les sous-traitants. Ces personnes ont été trompées et on comprend leur colère", a-t-il expliqué, rappelant que lors de l'accord de relance du HF, ArcelorMittal avait annoncé que le groupe réaliserait des investissements pour assurer la pérennité de l'outil si les travailleurs faisaient des efforts. 

"Les travailleurs ont accepté le gel des salaires, ont fait preuve de flexibilité, ... Ils ont rempli les conditions demandées mais ArcelorMittal n'a jamais investi un euro pour moderniser l'outil. On peut comprendre la rage des travailleurs", a-t-il souligné.

Le bourgmestre précise que la Ville de Seraing est aux côtés des travailleurs et est prête à participer, avec eux, aux actions qui seront menées "en évitant cependant les débordements qui n'apporteront rien".

Alain Mathot affirme enfin qu'il n'a pas été informé de la décision d'ArcelorMittal. "Je me rappelle que mon père (Guy Mathot, NDlR) disait qu'un des jours les plus horribles de sa vie était quand il a été reçu à Arcelor à Luxembourg pour annoncer une fermeture. Il s'était senti comme un moins que rien", a-t-il conclu.

Belga

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