ArcelorMittal: le gouvernement wallon rencontrera la direction lundi

La direction d’Arcelor a lancé un ultimatum : négocier maintenant l'accord social ou se préparer à perdre 1300 emplois.
La direction d’Arcelor a lancé un ultimatum : négocier maintenant l'accord social ou se préparer à perdre 1300 emplois. - © MICHEL KRAKOWSKI - BELGA

La direction d’ArcelorMittal a accueilli "favorablement" la proposition d’une rencontre tripartite réunissant gouvernement wallon, syndicats et direction ce lundi 9 septembre. Les syndicats d’ArcelorMittal ont rencontré ce jeudi matin les ministres wallons. Les espoirs étaient minces, la Région wallonne n’ayant pas trouvé de repreneur. Les syndicats sont donc venus demander aux ministres wallons de se positionner clairement sur le dossier en vue de la prochaine réunion tripartite.

A l’issue de cette rencontre, on a appris que le gouvernement wallon a proposé aux représentants des travailleurs de reprendre les négociations avec la direction d’Arcelor, en vue "d’aboutir à un accord final garantissant une pérennité d’activités". Ce qu’ils ont accepté. Une manière de répondre à l’ultimatum posé mardi par la direction d’Arcelor : il faut "d'abord du respect pour pouvoir parler".

Juste après la réunion de ce jeudi matin à l’Elysette, le ministre-président wallon Rudy Demotte a lu une déclaration dans laquelle il indique que les syndicats "ont marqué leur accord sur la proposition du gouvernement de reprendre les négociations avec la direction du groupe dans le cadre d’une tripartite (gouvernement-syndicats-direction)."

Cette prochaine réunion tripartite a été fixée au lundi 9 septembre, au terme d'une rencontre du gouvernement et de la direction d'ArcelorMittal.

"Il faut d'abord un respect mutuel pour pouvoir parler"

"L’objectif, poursuit-il, reste encore aujourd’hui d’aboutir à un accord final garantissant une pérennité d’activités sidérurgiques dans un périmètre le plus large possible."

Les propos du ministre Marcourt vont dans le même sens, ils sont juste un peu plus virils : "S'il suffisait qu'un groupe industriel dise 'je veux ceci' pour que tout le monde s'incline, nous ne serions pas un gouvernement et il n'y aurait pas d'organisations syndicales (...) Il faut d'abord un respect mutuel pour pouvoir parler".

Un discours qui, on s'en doute, satisfait la CSC. "C'est exactement ce que l'on est venu demander aujourd'hui : une implication beaucoup plus forte du gouvernement dans la démarche", déclare Jordan Atanasov (CSC).

"Et donc, la réponse qui sera donnée à ArcelorMittal par rapport à la date butoir de lundi... dorénavant, cela doit se faire au travers d'une réunion tripartite, où je pense que l'on va mettre en place les modalités."

Parallèlement à cela, le gouvernement wallon a réaffirmé sa volonté de mener à son terme "le processus d’adoption du décret relatif à l’expropriation d’actions, d’universalité ou de branche d’activités, pour cause d’utilité publique."

Le gouvernement s'assied sur l'ultimatum de Mittal

Enfin, toujours dans la note lue par le ministre-président, on apprend que le gouvernement wallon a également certifié son engagement pour "soutenir et accompagner le processus de redéploiement et de reconversion du bassin sidérurgique via l’adoption d’un plan pour Liège, qui sera doté de moyens en cohérence avec les enjeux, et qui va mobiliser l’ensemble des ressources adéquates."

De la prise de contrôle wallonne d’Arceo (et donc des brevets de haute valeur) ou de la suite à donner au permis d’exploitation de la cokerie qu’Oxbow Mining s’apprête à racheter, notamment, on ne sait pour le moment que peu de choses. Juste que face à l’ultimatum posé par la direction (à savoir négocier maintenant l’accord social), ministres et syndicats ont choisi l’option "convoquer une réunion tripartite".

Autrement dit, ils répondent favorablement à la demande de soutien des travailleurs et de leurs représentants... et s'asseyent en quelque sorte sur l'ultimatum de Mittal.

Reste que pour peser plus dans les négociations, il va bien falloir avancer avec quelque chose. Et parmi les pistes, il y a celle-ci : "On va devoir parler assainissement (cela représente énormément de sous), investissements (et là, la Région wallonne sera sollicitée)... Tous ces éléments indiquent que la Région doit avoir un certain nombre de possibilités", analyse Francis Gomez (FGTB).

RTBF

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