ArcelorMittal: la marge de manoeuvre du pouvoir politique est ténue

ArcelorMittal: la marge de manoeuvre du pouvoir politique est étroite
ArcelorMittal: la marge de manoeuvre du pouvoir politique est étroite - © Archive NICOLAS LAMBERT - BELGA

Comme attendu, le gouvernement wallon a confirmé jeudi aux syndicats d'ArcelorMittal qu'il n'était plus question de nationalisation de la sidérurgie liégeoise, ni de repreneur. Les autorités, en une forme de repositionnement pragmatique, promettent de soutenir les représentants du personnel dans les négociations avec la direction. Quelle est la marge de manœuvre du pouvoir politique par rapport à la puissance industrielle?

La marge de manœuvre est étroite, parce qu'ArcelorMittal est en situation financière très difficile. Le groupe industriel perd de l'argent depuis un an exactement (4 milliards au dernier trimestre 2012)  et les agences de notation le surveillent car il est très endetté. Rien qu'à Liège, il perd 13 millions d'euros par mois et il compte bien en finir. Il a négocié depuis début janvier avec les syndicats un plan amélioré de restructuration du froid et  il espère maintenant le mettre en œuvre. Pas beaucoup de concessions sont à attendre de ce côté.

En revanche, il y a une éclaircie conjoncturelle qui s'affiche, Mittal lui-même a dit que le plus dur était passé, cela pourrait donner des perspectives aux lignes du froid qui doivent être mises sous cocon en attendant des jours meilleurs. Les analystes financiers sont plutôt optimistes concernant la sidérurgie sur le secteur pour la fin de l'année, c'est le cas de Frédéric Liefferinckx à la maison de bourse Leleux. "On s’attend à des résultats à l’équilibre au troisième trimestre, d’ici quelques jours. Et pour la fin de l’année on s’attend à du bénéfice à bonne hauteur. Cela veut probablement dire que le point bas est passé sur le cycle d’Arcelor. On a connu une lame de fond et beaucoup de mauvaise humeur sur le cours de bourse, notamment à la fin de l’année 2012. Mais, dans le sillage de l’économie qui se reprend de façon assez surprenante en Europe, on constate finalement que les cours de bourse suivent la même logique, et remontent tout doucement" explique-t-il.

Et puis la Région wallonne a en main les clés environnementales du dossier, que ce soient les permis pour la cokerie à revendre  ou l'assainissement du site du chaud. C'est un moyen de pression appréciable dans ces négociations qui s'annoncent serrées.

Françoise Gilain

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