ArcelorMittal: accord sur la conciliation, la Région n'est pas repreneuse

ArcelorMittal: la conciliation serait en passe d'aboutir, la Région n'est pas repreneuse
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ArcelorMittal: la conciliation serait en passe d'aboutir, la Région n'est pas repreneuse - © Tous droits réservés

Un accord a été signé vers 20 heures pour renouer le dialogue social chez ArcelorMittal: la procédure Renault reprend donc, avec en vue des garanties sur les investissements. Par ailleurs, le ministre wallon de l'Economie dément l'information selon laquelle le gouvernement s'apprête à faire une offre à ArcelorMittal de reprise du site sidérurgique liégeois pour un montant oscillant entre 300 et 400 millions d'euros.

Le bureau de conciliation, tenu à l'initiative de la ministre de l'Emploi Monica De Coninck, a demandé aux différentes parties de finaliser l'accord de méthode, le document à l'origine des tensions qui fixe la méthode de négociations, dans un délai de sept jours.

Une fois cet accord finalisé, les interlocuteurs sociaux se sont engagés à entamer sans délai la phase 2 de la procédure Renault. Les projets d'investissements de nature à pérenniser les activités sidérurgiques à Liège, à savoir le plan de 138 millions d'euros destiné à la phase à froid, seront alors confirmés, et les prises de commandes de fer-blanc pour les lignes de Liège relancées.

Syndicats et direction se sont engagés à mettre tout en œuvre pour réussir la négociation. Celle-ci s'était enlisée sur la volonté des syndicats de préserver une sidérurgie intégrée (comportant une phase à chaud et une phase à froid sur le même site). La direction avait alors mis son ultimatum à exécution et annulé son plan industriel et les investissements de 138 millions d’euros qui étaient prévus.

"La direction espère que cette conciliation permettra de renouer le dialogue social au sein de l'entreprise", souligne le porte-parole d'ArcelorMittal.

Pour la CSC, "cette conciliation doit permettre de renouer le dialogue et retrouver une certaine sérénité pour faire face aux enjeux essentiels pour l'avenir des outils liégeois ainsi que des emplois liés", a fait savoir le syndicat par communiqué.

La Région dément une offre de rachat, mais le scénario existe

L'exécutif régional s'est penché jeudi une nouvelle fois sur le dossier ArcelorMittal. Il n'a toutefois pris aucune décision. Il attend de rencontrer les syndicats -une réunion est prévue mardi prochain- et la direction du groupe. Mercredi, un expert mandaté par le gouvernement a présenté un rapport sur la viabilité financière du scénario de "stand alone" présenté par les syndicats au mois de juin. Ils préconisent de faire du site liégeois un petit sidérurgiste indépendant.

Un prix théorique de rachat variant entre 300 millions et 400 millions d'euros aurait été évoqué. Selon "Le Soir", des contacts seront pris la semaine prochaine avec la haute direction d'ArcelorMittal afin d'"ouvrir un débat permettant au final à la Région de reprendre possession en partie ou en totalité, seule ou avec d'autres acteurs, de Cockerill".

L'offre que ferait la Wallonie au géant sidérurgique s'élèverait à quelque 300 millions d'euros. "Comme je l'ai déjà dit, nous travaillons sur ce dossier, nous étudions tous les scénarios, nous entretenons des contacts mais le gouvernement n'a arrêté aucune décision dans ce sens. Le gouvernement prendra des décisions après avoir rencontré toutes les parties", a expliqué Jean-Claude Marcourt, interrogé dans les couloirs du parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Le gouvernement wallon rencontrera les syndicats mardi prochain

Le gouvernement wallon, apparemment, est enfin prêt avec son plan d'affaires pour le maintien d'une sidérurgie complète. Selon nos informations, il pourrait le présenter, ce vendredi encore, au groupe Mittal puis, mardi -ça c'est une certitude- aux représentants des travailleurs.

Entretemps, ce dimanche, le parti socialiste tient son congrès de rentrée, et il se murmure que la vice-première ministre pourrait s'engager en faveur d'un sauvetage sous statut public. Les libéraux, au cours des dernières heures, n'ont pas hurlé à cette perspective, et la chose ne paraît plus politiquement irréaliste.

Elio Di Rupo affirme que le gouvernement wallon multiplie les efforts

Interpellé par courrier par la FGTB et le SETCa à propos de la situation d'ArcelorMittal, le Premier ministre Elio Di Rupo a répondu par la même voie aux syndicats.

"Ces annonces accroissent les incertitudes qui étaient déjà fortes depuis qu'ArcelorMittal a fait part de son intention de fermer la phase à chaud. Je comprends parfaitement le désarroi des travailleurs, leur colère mais aussi leur détermination à tout mettre en oeuvre pour maintenir l'activité sidérurgique".

"Le gouvernement wallon multiplie les efforts dans le cadre de ce dossier", a ajouté Elio Di Rupo. "Par des contacts étroits avec celui-ci, je suis extrêmement attentif à tous les développements de la situation. Dès lors que son intervention serait jugée nécessaire, le gouvernement fédéral accompagnera les efforts du gouvernement wallon", a-t-il poursuivi.

RTBF avec Belga

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