ArcelorMittal: à moins d'un énorme coup de théâtre, la messe est dite

Inutile de se faire beaucoup d’illusions, la plupart des outils ne seront pas sauvés.
Inutile de se faire beaucoup d’illusions, la plupart des outils ne seront pas sauvés. - © Flickr – culture.industrielle

Rien n'est pas encore officiellement écrit pour l’avenir de la sidérurgie liégeoise, mais les développements ces derniers jours donnent à penser que l'issue n'est plus très loin. Et elle ne surprend pas. Le ministre wallon de l’Économie Jean-Claude Marcourt est intervenu mardi au Parlement wallon et a donné des indications assez claires : aucun repreneur ne s’est manifesté et seuls quelques outils seront sauvés.

Il y a fort à parier que le principal intéressé ne confirmera rien. Pourtant, le faisceau d'informations va dans une seule direction : à Liège, il faut oublier la phase à chaud ; quant aux autres outils, on ne sauvera pas tout. Parce que de repreneur, il n'y en a tout simplement pas. "Nous n’avons jamais eu de repreneur mais nous avons eu des contacts, explique Jean-Claude Marcourt. Nous continuons d’ailleurs à en avoir mais ce n’est pas aujourd’hui la piste la plus concrète que nous ayons." Traduisez : les Qataris vont apparemment se contenter de l'aciérie qu'ils construisent dès la fin de cette année en Algérie.

Les autres signes aussi sont clairs: qu'on parle d'Arceo dont la Région wallonne va reprendre le contrôle, de la cokerie probablement sauvée par des Américains, de deux lignes condamnées que Mittal, finalement, pourrait laisser en activité, voire d'autres outils maintenus quelque temps en vie. La mobilisation aura contraint Mittal à des concessions. Mais pour le personnel depuis trop longtemps dans l'incertitude, il devient urgent de conclure. "La lassitude face aux choses, cela ne doit pas nous inciter à accepter des choses inacceptables mais tenir compte des gens, de leur situation personnelle… c’est sûrement quelque chose sur lequel nous devons travailler", ajoute encore le ministre.

Inutile enfin d'espérer que le décret nationalisation soit activé. Selon le consultant Roland Berger cité par L'Echo, cela coûterait plus d'un milliard dont la Wallonie n'a pas le premier euro. A moins d'un énorme coup de théâtre, la messe est dite.

Carl Defoy

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