Arcelor Liège: c'est la fin de la phase à chaud

Le site d'Arcelor (ex-Cockerill) à Seraing et Ougrée
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Le site d'Arcelor (ex-Cockerill) à Seraing et Ougrée - © MICHEL KRAKOWSKI (archives belga)

C'est une véritable catastrophe sociale en région liégeoise: ce mercredi en début d'après midi, le groupe ArcelorMittal a convoqué un comité d'entreprise européen, à Luxembourg. La direction a ensuite annoncé aux délégations syndicales en réunion que la fermeture de la phase à chaud liégeoise était bien décidée.

La réunion du comité européen d'ArcelorMittal s'est terminée peu avant 18h45. Un point "aciers plats au carbone" était inscrit en fin d'ordre du jour. C'est ce genre de tôles que le bassin liégeois produit. 

La direction a annoncé en début de soirée aux délégations syndicales en réunion à Seraing que la fermeture de la phase à chaud liégeoise était bien décidée.

Les outils concernés par la fermeture sont, vraisemblablement, les deux hauts fourneaux de Seraing et d'Ougrée, et l'aciérie. C'est ce que les professionnels appellent la phase liquide, ou la sidérurgie à chaud. Les laminoirs à froid pourraient continuer à tourner, mais sans qu'un plan industriel ne soit réellement défini. Le nombre d'emplois à supprimer n'est pas, à ce stade précisé. Le groupe ArcelorMittal compte 3000 travailleurs. 

Un conseil d'entreprise extraordinaire se tiendra ce jeudi à 9h à Liège et à Luxembourg. Il sera officiellement question d'"annoncer la restructuration de la sidérurgie d'Arcelor à Liège". 

600 emplois directs menacés

L'annonce par la direction d'ArcelorMittal de la fermeture définitive de la phase à chaud liégeoise est "un véritable cataclysme" pour le bassin sidérurgique, a déclaré mercredi soir le délégué syndical David Camerini (CSC).

Au total, quelque 600 emplois directs seraient touchés, "auxquels il faut ajouter les centaines d'emplois qui gravitent autour", a précisé le responsable du syndicat chrétien. 

"Nous allons nous battre pour garder une sidérurgie intégrée", a-t-il toutefois ajouté en dénonçant par ailleurs le "hold-up social" de la direction. "Après tous les efforts consentis par les travailleurs, ils méritaient mieux que cela".

Des assemblées d'informations vont être organisées dans les jours à venir et un plan d'actions sera mis sur pied par les syndicats, a encore indiqué David Camerini. 

"Des hypocrites et des menteurs"

"C'est une véritable hypocrisie dans le chef de la direction. Ils savent depuis longtemps que l'outil est condamné et ils nous mènent en bateau. C'est scandaleux", a commenté le leader des métallos de la FGTB, Francis Gomez.

"Les travailleurs ont accepté depuis 2008 des mesures en matière de flexibilité, de transferts, de gels de salaires; ils ont dit oui à tout et ça n'a pas suffi", a pour sa part dénoncé Jordan Atanasov (CSC), faisant part de sa "frustration" et de sa "colère". Il estime que tous les travailleurs du bassin liégeois ont été bernés par la direction.

Les représentants syndicaux se sentent d'autant plus floués que mardi, à la suite d'un mouvement de grève mené dans le bassin liégeois pendant une semaine, la direction a eu un geste fort pour mettre fin au conflit social. "Elle a réengagé les 21 travailleurs qui avaient été licenciés. Mardi, je le répète, elle a engagé des gens qui vont de nouveau être licenciés", a souligné Francis Gomez.

Pour des raisons uniquement économiques

La direction a justifié sa décision par des raisons uniquement économiques en expliquant qu'à la suite de la deuxième crise internationale, aucune relance du secteur n'était annoncée avant 6 ou 7 ans, selon Francis Gomez, patron des métallos de la FGTB. 

La direction a par ailleurs indiqué vouloir "optimaliser ses outils de production".

Selon les syndicats, le management n'a pas justifié la fermeture des outils par le mouvement de grève mené la semaine dernière par les travailleurs. "La direction a même expliqué qu'il ne fallait pas faire d'amalgame, précisant bien que seule une raison économique justifiait cette fermeture", a insisté Francis Gomez. 

AdC avec Michel Gretry et Belga

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