Après une nuit dehors dans le froid, les Afghans quittent Mons

Après une nuit dehors dans le froid, les Afghans quittent Mons
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Après une nuit sous le vent et dans la pluie à Mons, les demandeurs d'asile afghans, vont repartir, annonce le bourgmestre ff Nicolas Martin. Il leur avait proposé un hébergement à Mons, mais l'ont refusé et réclamaient la venue d'Elio Di Rupo (PS). Les Afghans quitteront Mons ce lundi après-midi, dit Nicolas Marti. Une réunion aura lieu mardi au cabinet de Maggie De Block à son initiative, en présence d'Elio Di Rupo.

"Les négociations de médiation menées par la Ville de Mons avec l'entité fédérale ont abouti à une issue positive", a indiqué Nicolas Martin, bourgmestre faisant fonction de Mons. "Une rencontre entre les Afghans est donc programmée mardi avec Maggie De Block et le Premier ministre à Bruxelles. Nous avons toutefois demandé aux quelque 150 Afghans de quitter le territoire de Mons lundi dans l'après-midi pour regagner Bruxelles en train, encadrés par la police."

Les sans-papiers afghans avaient décidé de ne pas quitter Mons dimanche face à l'impossibilité de rencontrer le Premier ministre Elio Di Rupo. "Ils étaient au courant de cette impossibilité," a précisé Nicolas Martin.

C'est dans la ville du Premier ministre que se terminait la marche de 70 kilomètres entamée vendredi matin à Bruxelles par ces Afghans. Samedi, ils avaient notamment fait une halte à La Louvière.

Les Afghans, et le collectif qui a organisé la marche, demandent qu'on arrête les expulsions. Au premier point d'accueil, une centaine de personnes ont terminé la marche avec eux. Ils espéraient rencontrer le Premier ministre, Elio Di Rupo, mais ce n'est apparemment pas au programme. Deux échevins, Joëlle Kapompolé et Achille Sakas, et le président du CPAS Marc Barvais les attendaient dans les locaux du CPAS. Diverses associations s'étaient mobilisées pour rassembler nourriture et soupe.

Joëlle Kapompolé, échevine montoise du logement : "Je ne suis pas là pour faire des promesses, mais pour les écouter et relayer l'information à l'ensemble du collège et voir ce qu'on peut faire pour la suite de ce dossier."

Marc Barvais s'est quant à lui chargé d'expliquer la position actuelle du gouvernement. "Je viens d'avoir le cabinet du Premier ministre", a-t-il affirmé. "Elio Di Rupo a discuté de ce sujet avec Maggie De Block, la secrétaire d'État à l'Asile et à la Migration. Il en ressort que les dossiers individuels seront rapidement étudiés."

Oscar Flores, l'un des organisateurs de la marche affirmait : "Ils ne viendront pas. Ils espéraient rencontrer Elio Di Rupo. Ce n'est pas normal : ils ont deux visions du gouvernement, celle du ministre des Affaires étrangères qui affirme qu'il ne faut pas les laisser repartir dans ce pays en guerre et celle de Maggie De Block qui dit le contraire."

"Nous avons marché jusque Mons pour rencontrer le Premier ministre", insiste Samir Hamrad, porte-parole du collectif des Afghans. "Nous voulons montrer au gouvernement que ce n'est pas une chose facile que de retourner en Afghanistan. Ils ont peur d'y retourner. Nous avons fait cette grande marche pour trouver une solution." Tous demandent qu'on arrête les expulsions.

Beaucoup de Belges marchaient avec eux pour soutenir leur action. L'un deux témoigne : "Pour certains avec qui j'ai parlé, les renvoyer chez eux, c'est les renvoyer à la mort ou en tout cas dans une situation très très difficile. En marchant avec eux, j'ai pu découvrir des parcours de vie. Venir d'Afghanistan jusqu'ici, c'est un parcours vraiment pas facile. Ce sont des gens qui y ont mis leurs derniers deniers, qui vivent pour le moment de la solidarité."

Mgr Léonard a lui aussi déclaré dimanche matin qu'il était prêt à marcher avec eux.

Mais depuis la fin du dimanche après-midi, les manifestants refusaient de quitter la Grand Place de Mons tant qu'ils n'auraient pas rencontré Elio Di Rupo. Les esprits se sont quelque peu échauffés, mais aucun incident n'est à déplorer.

Le bourgmestre ff Nicolas Martin les a alors invités à une seconde réunion qui a commencé peu après 20 h.

Lors de leur entrevue, ces derniers leur ont réexpliqué que c'était le fédéral qui avait en charge la matière dont ils débattaient. Devant la ténacité de leurs interlocuteurs voulant rester à Mons, les politiques locaux ont proposé une salle chauffée pour que les Afghans puissent y passer la nuit, ce qu'ils ont refusé.

"A ce stade, nous ne pouvions rien faire de plus", indique Joëlle Kapompolé, échevine. "Il va de soi que nous allons étudier en collège une possibilité de motion de soutien mais à ce jour, nous ne pouvions que les écouter et les accueillir."

Les Afghans ont donc passé la nuit devant l'hôtel de ville, à quelques mètres du marché de Noël. Face à leur décision de rester dehors, Joëlle Kapompolé se dit inquiète. "Certains sont très faibles. Vu le temps qu'il fait, c'est très dangereux...", a-t-elle affirmé.

Anne Löwenthal, membre du comité de soutien, fait, quant à elle, appel aux dons de tentes, de couvertures, de nourriture et de boissons chaudes...

RTBF avec Belga

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