Après les tunnels routiers bruxellois, faut-il s'inquiéter de l'état des tunnels métro et prémétro?

Ce vendredi, en séance plénière du Parlement bruxellois, il sera question de l'état des tunnels routiers après les incidents à répétition survenus dans le Stéphanie et le Léopold II. Le député régional Willem Draps (MR) mettra également sur la table le dossier de l'état des tunnels métro et prémétro de la capitale. Présentent-ils des infiltrations? Sont-ils aussi peu (ou mal) entretenus que les tunnels routiers? Des incidents comme des détachements de paroi ont-ils déjà été signalés à la Stib et à l'administration? Réponses, peut-être, ce vendredi de la bouche du ministre des Travaux et de la Mobilité Pascal Smet (SP.A).

En attendant, pour Camille Thiry, porte-parole de Bruxelles Mobilité, les nouvelles concernant l'état des tunnels métro et prémétro sont "relativement rassurantes". Lors de la fermeture du tunnel Stéphanie la semaine dernière, "la question du tunnel métro Louise a également été abordée", indique Camille Thiry. Notons que la station et la ligne de métro sont situées au-dessus du tunnel routier, dans la partie sud du complexe.

Une pollution différente

D'une manière générale, rappelle Bruxelles Mobilité, les conditions d'exploitation d'un tunnel métro ne sont pas les mêmes que celles d'un tunnel routier. "Ce n'est pas le même type de trafic, ce n'est pas la même pollution", précise Camille Thiry. Des voitures par dizaines de milliers émettant chaque jour des gaz d'échappements polluants et nocifs d'un côté, des métros et des trams roulant à l'électrique de l'autre.

Pourtant, dans le Léopold II, tunnel routier et tunnel métro sont côte à côte. Ce qui signifie que des problèmes d'étanchéité et d'infiltration devraient se présenter de part et d'autre. Le tunnel métro n'y échappe pas, même si la structure-technique de construction est différente, "ne fut-ce que parce que le réseau métro est plus récent". Mais il semble qu'en raison des interruptions du trafic de nuit, il est plus aisé de procéder régulièrement aux inspections et aux réparations. Ce qui explique que certains tunnels métro qui seront de âgés de 40 ans en 2016 tiennent encore le coup.

Injections de mousse polyuréthane

"La cellule géotechnique de notre direction Infrastructures-Transport public s’occupe minimum deux nuits par mois de vérifier l’état du béton dans les tunnels. Les agents de maintenance et les conducteurs de la Stib sont aussi des informateurs réguliers au niveau du contrôle de l’état des ouvrages. Les problèmes rencontrés sont souvent liés à des infiltrations d’eau que l’on traite par injection de mousse polyuréthane. Ces pertes d’étanchéité entraînent souvent le décollement de tranches de béton. Ces décollements sont décapés, les armatures sont traitées et recouvertes par un nouveau cimentage." En terme budgétaire, "40 millions par an sont consacrés en génie civil et équipement électromécanique au maintien de l’existant."

Autre raison pouvant atténuer la vision alarmiste, c'est l'impact de la chute d'un bloc. "Le métro, c'est limite un tank. Il est difficile de ressentir un choc sur une paroi." Pour une voiture, c'est différent. Les risques encourus pour les automobilistes sont plus élevés: le pare-brise peut voler en éclats au moindre choc.

Du côté de la Stib, et notamment des instances syndicales, on confirme que l'entretien des tunnels est pris très au sérieux. "C'est la particularité de notre réseau bruxellois: comme il n'est pas exploité la nuit, les services compétents peuvent procéder aux travaux d'entretien quasi 365 jours sur 365", tient à rassurer Christian Ecker, permanent CGSLB.

Des normes différentes

En tout cas, Willem Draps ne fera pas l'économie d'une interpellation cette semaine. "Si le tunnel métro de Léopold II semble être en meilleur état que le tunnel routier qui, lui, fuit de partout, comment expliquer que ces ouvrages n'ont pas été construits selon les mêmes normes", s'interroge le député. "La responsabilité du ministre Smet n'est pas engagée. Mais nous assistons tout de même à un aveu de faiblesse de la part de la Région bruxelloise, incapable d'entretenir ses infrastructures routières au point de fermer définitivement un tunnel."

A noter que le MR réclame aussi la mise sur pied d'une commission d'enquête parlementaire spécifiquement consacrée à l'état des tunnels routiers bruxellois.

 

 

 

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