Après 30 années de glissades, un dernier "plouf" pour Océade

Le parc aquatique Océade a été construit en 1988.
Le parc aquatique Océade a été construit en 1988. - © BENOIT DOPPAGNE - BELGA

Après 30 années à faire glisser, barboter et à amuser Bruxellois et touristes, le parc aquatique Océade s'apprête cette semaine à fermer définitivement ses portes. Il devra par la même occasion se défaire de ses toboggans colorés et décors bariolés sur le thème des pirates, du soleil et des vagues.

De 1988 à nos jours

Inauguré à l'ombre de l'Atomium en 1988, par une entreprise française qui avait déjà créé un "Océade" à Strasbourg, le parc a vu ensuite son destin se lier étroitement à une famille belge, celle qui se cachait déjà derrière le succès de Walibi, le parc d'attractions wavrien au célèbre kangourou.

De l'"Océade" de 1988, tout n'a pas disparu, même si le parc a été de nombreuses fois modernisé et a fait l'objet d'investissements constants. "Le dessin général, avec la piscine à vagues", est resté le même, indique le patron du lieu, Thierry Meeùs. Il ne semble pas bien impressionnant, et c'est là tout son pouvoir de surprise: le Bala de Canon, dans la partie extérieure du parc, date lui aussi de 88.

Le double toboggan lâche ses innocents usagers un bon mètre au-dessus du niveau de la piscine de réception, de quoi garantir un effet de surprise. "A un moment, j'allais moi-même prendre des photos de la tête des gens à la sortie du toboggan, pour les poster sur Facebook. C'était toujours très rigolo, car ces toboggans paraissent petits mais sont réellement surprenants", se souvient Thierry Meeús.

7 millions de visiteurs

Depuis ses débuts, le parc a évolué, pour se targuer désormais d'être le "numéro un" des toboggans, sa grande spécialité. On ne peut, nulle part ailleurs, atteindre une telle quantité de descentes à l'heure, insiste le patron. Tout a été pensé pour que les folles descentes puissent s’enchaîner, dans un esprit surtout "familial", souligne-t-il plusieurs fois.

Le parc affirme avoir vu 7 millions de visiteurs au cours de ses 30 années d'existence, "dont 3,2 millions de Bruxellois", soit un bon mélange de locaux et de touristes venus spécialement dans la capitale belge pour l'aventure aquatique ou qui prennent cette option après avoir enchaîné quelques monuments et musées.

Thierry est le fils d'Eddy Meeús, l'homme qui a fondé, à l'été 1975, le parc Walibi. C'est d'ailleurs via ce giron du groupe Walibi, qui avait pourtant déjà son propre parc aquatique (Aqualibi) dans ses trésors de divertissement, qu'il a débuté dans l'Océade. Walibi reprend en effet l'attraction aquatique de Bruparck en 1992, reprenant la totalité des actions de la Société du parc aquatique du Heysel (SPAH).

A l'époque, le groupe Walibi est déjà coté en Bourse, il a fait construire "Aqualibi" sur son site wavrien, en puisant notamment son inspiration... de l'Océade de Strasbourg, se souvient Thierry Meeús. Il a ensuite acquis Bellewaerde, lancé Mini-Europe et a essaimé à l'étranger. La famille Meeús est, partout, aux manettes.

Mais en toute fin de l'année 1997, la nouvelle est officiellement annoncée lors d'une conférence de presse conjointe sur le site de Mini-Europe: le groupe Walibi a trouvé un accord avec l'Américain "Premier Parks", qui va reprendre l'ensemble, en '98. Le (gros) bébé, le kangourou tentaculaire, quitte donc la famille Meeús. "Six mois après avoir repris le groupe, ils (Premier Parks) ont revendu Mini-Europe et Océade, parce qu'ils n'en possédaient pas les terrains", explique Thierry Meeús 30 ans plus tard. "J'ai décidé de racheter, moi-même".

L'avenir du site du Heysel

Mini-Europe devrait poursuivre ses activités sur le site du Heysel, ou en tout cas "nous avons un protocole d'accord et sommes certains de rester jusque 2020", précise Thierry Meeús qui souhaite "rester prudent". Océade, en revanche, doit plier bagage face à Néo. Dernière ouverture: le dimanche 30 septembre, de 10h à 21h.

Actuellement, 24 personnes y travaillent encore de manière "fixe" (sans compter les étudiants), dont cinq seront reprises au sein de Mini-Europe. Parmi eux, "le directeur général et sa femme sont là depuis les débuts, ils avaient commencé comme animateurs-sauveteurs", ajoute Thierry Meeús. Dimanche, un simple drink avec le personnel marquera la fin de l'aventure et l'extinction des vagues, "dignement", insiste l'administrateur délégué.

"C'est une belle histoire", conclut Thierry Meeús, "et je crois surtout que les gens se sont beaucoup amusés".

Archive : JT 17/07/2018

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