Anti-nucléaire: 2000 personnes pour dire "Stop Tihange"

Le cortège a démarré à 14 heures de la Gare de Huy. Leo Tubbax, du réseau belge "Nucléaire stop", espérait  beaucoup de participants: "Des centaines, voire des milliers de manifestants. Nous ne voulons pas que les centrales redémarrent, les réacteurs sont vraiment trop dangereux. Les cuves sont trop abîmées pour prendre le risque. Et nous voulons que la centrale de Tihange 1 ne soit pas prolongée après 2015. Il faut la fermer en même temps que Tihange 2 et Doel 3 qui ont le même degré de vétusté et le même âge. C’est irresponsable d’exploiter un réacteur pendant près de 50 ans. Cela ne se fait nulle part au monde et surtout pas dans une agglomération, comme c’est le cas à Tihange. C’est trop près de Liège, Namur, Maestricht ou Aix- la Chapelle."

Une manifestation à vocation internationale

Le mouvement de cet après-midi entendait bien accueillir des manifestants venus de tous les pays voisins. Beaucoup d'Allemands, des Hollandais, et même des Japonais pour gonfler les rangs des manifestants, comme cette jeune Japonaise, très affectée par le drame de Fukushima : "J’ai réalisé à cause de Fukushima que c’était très important de participer à ce genre de manifestations." "Comme les nuages radioactifs, notre résistance va par-delà les frontières", déclare un autre manifestant. Un peu plus loin dans la foule, une jeune fille affirme manifester "contre les centrales nucléaires parce que je trouve honteux qu’on soit autant attachés à notre confort et qu’il soit jugé plus facile d’avoir le nucléaire alors qu’on peut désormais compter sur les énergies renouvelables."

Plus localement, l’arrêt de l’unité numéro 2 pour cause de fissures dans la cuve a ravivé l’inquiétude des riverains. Léo Tubackx résume cela avec une formule : "Même si les accidents nucléaires sont rares, les effets sont tellement graves qu’on ne peut absolument pas accepter cela."

Hier déjà, des milliers de personnes ont formé une chaîne humaine, à Paris, pour demander l'arrêt du nucléaire civil et militaire en France.

Manifestations anti-nucléaires aux Japon

Ce dimanche, des dizaines de milliers de personnes ont également manifesté dans tout le Japon pour exiger l'abandon rapide de l'énergie nucléaire, à la veille du deuxième anniversaire du déclenchement de la catastrophe de Fukushima,

A Tokyo, les manifestants se sont rassemblés dans un grand parc du centre pour écouter des concerts ou des discours sonorisés grâce à de l'électricité solaire.

Ils ont ensuite défilé en direction du Parlement, en passant par le quartier des ministères, dans le but de remettre une pétition aux députés demandant au Premier ministre japonais Shinzo Abe, au pouvoir depuis les législatives de décembre, le démantèlement de toutes les centrales nucléaires du pays.

"Sayonara (au revoir), énergie nucléaire"

D'autres manifestations se sont tenues dans la capitale et le reste du pays. Selon les médias locaux, quelque 150 événements étaient prévus au total entre samedi et lundi.

Samedi, des milliers de personnes avaient défilé à Tokyo, dont des résidents de la région de Fukushima (nord-est du Japon) et des personnalités parmi lesquelles le prix Nobel de littérature Kenzaburo Oe.

Seuls deux des 50 réacteurs de l'archipel nippon sont actuellement en fonctionnement, le parc nucléaire faisant l'objet de vérifications de sécurité poussées depuis l'accident de Fukushima.

Shinzo Abe, dont le Parti Libéral-Démocrate (droite) a de proches relations avec les milieux d'affaires, prône le redémarrage des réacteurs dont la sécurité aura été établie.

Le gouvernement de centre-gauche sortant, dirigé par Yoshihiko Noda et battu dans les urnes en décembre, avait promis pour sa part d'abandonner l'énergie nucléaire d'ici à la fin des années 2030.

Dans de nombreuses communes touchées par le tsunami, les habitants vêtus de noir ont assisté dimanche à des cérémonies de commémoration. A Rikuzentakata, où près de 1.600 personnes ont péri et 217 sont portées disparues, le maire Futoshi Toba a redit son engagement à reconstruire la ville.

"Nous allons reconstruire une belle ville qui fera la fierté du pays et dont les habitants vivront heureux et confortablement", a-t-il assuré.

Ces manifestations interviennent à la veille du deuxième anniversaire du séisme et du tsunami du 11 mars 2011 qui ont fait près de 19.000 morts et disparus dans la région du Tohoku (nord-est) et entraîné un accident nucléaire majeur à la centrale Fukushima Daiichi.

RTBF avec AFP

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