Anderlues: un vétéran américain de la Seconde Guerre mondiale raconte son débarquement aux élèves

À 91 ans, Isaac Curtis Phillips a été accueilli par une haie d'honneur à l'école communale du Centre à Anderlues ce mercredi. Des dizaines d’enfants arborant des drapeaux belges et américains lui ont souhaité la bienvenue. L'homme est un ancien GI. À l’invitation d’un professeur, il est venu raconter aux élèves de sixième primaire une partie très douloureuse de son histoire.

"On ne savait même pas où on allait"

Le 6 juin 1944, il débarque avec la deuxième vague d’assaut sur Utah Beach en Normandie, c'est alors la première fois qu’il voyage en dehors de sa Géorgie Natale. "Comme on était de simples soldats, on ne nous a rien dit", raconte-t-il, "On ne savait pas où on allait, on ne savait rien du tout. Ce n'est qu'une fois débarqués qu'on nous a dit 'Vous êtes en France' ".

Le quotidien des soldats

Du débarquement, il se souvient d’avoir eu de l’eau jusqu’à la poitrine et d’avoir dû traîner ses 35 kilos de matériel. Curtis raconte aux enfants ses conditions de vie difficiles sur le front. Tous l’écoutent avec attention. Pierre, 11 ans, nous confie: "Cette rencontre entre générations nous apprend beaucoup de choses.  Comment ils vivaient, ce qu'ils pouvaient manger, leurs moyens de transport, c'est vraiment chouette".

Sa première douche : 20 jours après le débarquement

Des enfants qui ont préparé cette rencontre avec leur institutrice. La classe est recouverte de panneaux réalisés ensemble pour expliquer les causes, le déroulement et les conséquences de la Deuxième guerre mondiale. Mais Curtis est là pour raconter ce qu’ils ne trouvent pas dans les livres d’histoire. "Ma première douche après le débarquement, j'ai pu la prendre à la prise de Cherbourg, c'était 20 jours plus tard. Et on n'avait que 5 minutes, il fallait faire vite", explique le vétéran.

Une rencontre unique

Alain Duez est professeur en 3ème primaire à l'école. Il connaît bien Curtis installé à Binche depuis 1947. C'est lui qui est à l'origine de cette rencontre qu'il estime nécessaire pour les jeunes d'aujourd'hui : "Ce sont des événements qui leur sont très éloignés, ça fait plus de 70 ans maintenant et c'est assez difficile pour eux de se rendre compte de ça. Puis c'est une chance unique que de pouvoir encore accueillir un vétéran américain chez nous", explique le professeur.

La guerre lui aura en tout cas permis de trouver l’amour. À Binche, il rencontre Arlette en 1945, et vit toujours chez nous 70 ans plus tard.

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