Ancien couvent des Récollets à Nivelles : les riverains déçus par la décision de la ministre De Bue

L'ancien couvent des Récollets et le parc devraient devenir un ensemble de logements
L'ancien couvent des Récollets et le parc devraient devenir un ensemble de logements - © S. Vandreck

De nombreux Nivellois espéraient le classement de l’ancien couvent des Récollets. Ils sont plus de 3000 à avoir signé la pétition initiée par "Les Amis des Récollets", un groupe citoyen composé de riverains et d’amoureux du patrimoine. Le classement de cet ensemble avait déjà échoué en 1989. Seule l’église du seizième siècle à laquelle il est adossé est classée, depuis 1936. Et la ministre wallonne en charge du Patrimoine, la nivelloise Valérie De Bue (MR), vient de confirmer que ce classement ne serait pas non plus pour cette fois-ci. Plus précisément, elle a décidé de ne pas inscrire l’ancien couvent sur la liste de sauvegarde. Une étape préalable à une éventuelle procédure de classement. Cette inscription permet de préserver le bâtiment de toute intervention pendant un an, le temps de mener toutes les études nécessaires à son classement.

Projet immobilier

L’ancien couvent et l’esplanade du Souvenir adjacente ont été revendus en 2017 par la ville de Nivelles à la société Lixon. Celle-ci souhaite y créer des logements. Dans un communiqué, la ministre justifie sa décision : "Inscrire le couvent sur la liste de sauvegarde serait un frein à la réalisation de ce projet et accélérerait la dégradation du bâtiment, inoccupé depuis plusieurs années". Elle souhaite donc que le promoteur puisse commencer à y travailler au plus vite. Charlie Huygen, le porte-parole des "Amis des Récollets" ne cache pas sa surprise : "Nous nous attendions à une décision contraire. Avec des historiens, nous avions constitué un dossier en vue de cette inscription sur la liste de sauvegarde. Nous savons que l’Agence wallonne du Patrimoine, l’AWAP, avait rendu un avis favorable à notre proposition. On a été surpris parce qu’on était convaincus, qu’après notre pétition nous aurions l’oreille de la ministre. Ce qui n’a pas été le cas. Et elle n’a pas non plus entendu ni écouté son administration", regrette-t-il.

Sous la surveillance de l’AWAP

Le groupe citoyen craint que le projet immobilier ne nuise au caractère patrimonial de l’ensemble. "Cela fait deux ans que nous discutons avec l’AWAP et nous avons toujours tenu compte de leurs demandes, rétorque Virginie Dufrasne, l’administratrice déléguée de Lixon. C’est pour cela que vont bientôt démarrer des fouilles archéologiques préventives sur le site, à l’intérieur comme à l’extérieur, pour savoir ce qui est intéressant. Que ce soit classé ou pas, ne change rien. Nous avons toujours eu la volonté d’intégrer les éléments intéressants. Si nous avons acheté ce site, c’est que nous estimons que le volet patrimoine a beaucoup d’intérêt et apporte du charme au projet. Nous voulons donc maintenir une grande partie du bâtiment". La ministre rappelle également que l’AWAP est chargée de veiller au respect du caractère patrimonial du site. Concrètement, le projet prévoit de garder l’aile ouest du couvent, du côté de la rue de Charleroi, une partie de l’aile sud et les façades du cloître. L’autre partie de l’aile sud devrait être démolie et reconstruite dans un style prévu pour s’intégrer à l’ensemble. "Cette aile, parallèle à la rue de Saintes, a été construite à différentes époques et est plus hétéroclite. Sa façade extérieure présente un intérêt moindre", explique-t-elle encore.

Nous considérons que c’est un ensemble, sans doute la plus belle entrée de Nivelles, et qu’il n’y a pas de raisons de raser ça.

Le projet prévoit également la construction de deux autres immeubles à appartements, à la place de l’actuelle esplanade du Souvenir. "C’est le seul parc qui existe à l’intérieur de l’enceinte de la ville. Tous les arbres, topiaires et arbustes qui s’y trouvent devraient d’ailleurs être repris sur la liste des arbres remarquables du code de développement territorial, or on s’étonne qu’ils ne le sont pas. Nous considérons que c’est un ensemble, sans doute la plus belle entrée de Nivelles, et qu’il n’y a pas de raisons de raser ça", réagit encore Charlie Huygen. Le promoteur assure qu’un arbre, le gros chêne et que des ouvertures vers le boulevard seront maintenues. Le projet n’est cela dit pas encore complètement ficelé. Lixon devrait introduire sa demande de permis auprès de la ville en juin prochain. La procédure prévoit une enquête publique, au cours de laquelle les défenseurs du patrimoine comptent une nouvelle fois faire entendre leur point de vue.

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