Amini, tué rue de la Loi: l'automobiliste et sa passagère condamnés à une peine de travail

Amini avait 36 ans. Il est mort sur le coup.
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Amini avait 36 ans. Il est mort sur le coup. - © D. R.

Alors que s'est ouvert lundi le procès du chauffard qui a mortellement renversé Merel (12 ans) en octobre 2015, on apprend qu'un précédent drame de la route survenu cette fois à Bruxelles a connu son épilogue, passé totalement inaperçu. Le 16 octobre 2015, un automobiliste et sa passagère ont été condamnés chacun à 250 heures de travail d'intérêt général et un retrait de permis de six mois.

Le 29 septembre 2013, vers 5 h du matin, le couple était à bord de sa Ford Fiesta noire, rue de la Loi, en direction du centre-ville. Soudain, le véhicule quitte la chaussée, monte sur le trottoir et écrase Amini Runganyira, 36 ans. Cet Anderlechtois remontait tranquillement l'artère à pied avant d'être percuté à hauteur des bâtiments de Touring. Il sera tué sur le coup.

Une dispute et 1,8 gramme d'alcool

A cette heure-là, un dimanche, la circulation est plus que fluide et l'artère dégagée. Ce qui provoqué l'accident, comme le constatent les policiers sur place, c'est une dispute entre l'automobiliste âgé alors de 24 ans et sa compagne de 29 ans. Une dispute aux conséquences dramatiques pour Amini Runganyira et sa famille. Rapidement, des proches décident d'ériger un autel du souvenir à l'endroit de l'accident, avec des fleurs et la photo d'Amini.

Quelques mois plus tard, dans La Capitale du 11 avril 2014, un cousin exprimait sa douleur et son souhait que justice soit faite. "Le plus difficile est que l'auteur de l'accident n'a jamais cherché à prendre contact avec notre famille. Nous sommes des êtres humains et cela aurait pu nous aider dans notre deuil, peut-être nous consoler, d'avoir un mot", exprimait Champion, le cousin d'Amini, craignant que la victime, de part ses origines sub-sahariennes, soit traitée différemment par la justice. Après le drame, l'automobiliste avait été détenu avant d'être relâché sur décision de la juge d'instruction. Pourtant, les analyses ont rapidement indiqué qu'il conduisait en état d'ébriété, avec 1,8 gramme d'alcool par litre de sang.

"Profonds regrets" et "prise de conscience"

En tout cas, deux ans plus tard, procès s'est tenu et justice a été rendue. Le conducteur et sa passagère écopent donc tous les deux, on l'a dit, de la même peine de travail et d'un retrait de permis. Satisfaisant pour la famille d'Amini? Impossible à savoir. Mais lors des différentes audiences, le couple a exprimé, dit le jugement, "de profonds regrets". Il a également admis "un comportement stupide". Pour le tribunal, "une prise de conscience" de la gravité des faits a eu lieu.

La peine de travail prononcée a été qualifiée d'adéquate par la justice vu l'âge des prévenus et pour leur éviter des "répercussions" d'ordre professionnel négatives. Dernière condition: le passage obligatoire par l'auto-école si l'automobiliste et sa compagne souhaitent reprendre le volant.

Trois ans de prison requis contre le chauffard qui a tué Merel

Lundi, lors du procès de Muhammed Aytekin (22 ans) qui a mortellement fauché Merel, le parquet de Hal-Vilvorde a requis une peine de trois ans de prison, une amende de 12.600 euros et une interdiction de conduire de 17 ans et 6 mois. Son avocat a demandé au tribunal de police une condamnation assortie d'un sursis probatoire. Le jugement est attendu le 12 décembre. 

Après l'accident, Muhammad Aytekin avait pris la fuite avant de se rendre le 2 novembre, à la police locale de Vilvorde-Machelen. Bien que le suspect n'ait jamais obtenu son permis de conduire, il a été condamné à sept reprises par le tribunal de police pour conduite sans permis et/ou sans assurance ou documents. Au moment de l'accident, il était sous le coup d'une déchéance du droit de conduire.

La défense n'a pas contesté la responsabilité de l'accident mais a réclamé une certaine clémence, soulignant notamment que Muhammed Aytekin avait déjà passé pas mal de temps en prison et avait respecté les conditions de sa libération.

Dans la presse flamande, les parents de la victime ont regretté l'absence d'humanité de la part du prévenu lors de l'audience.

 

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