Amay: un duel Jean-Michel Javaux- Robert Collignon

A Amay, un duel se profile entre les deux derniers bourgmestres en date
A Amay, un duel se profile entre les deux derniers bourgmestres en date - © www.amay.be

A Amay, un duel se profile entre les deux derniers bourgmestres en date : l’écolo Jean-Michel Javaux, l'actuel, et le socialiste Robert Collignon, son prédécesseur. Un retour après de nombreuses années d'absence, et l'échec de son fils Christophe aux dernières élections.

L'élection de 2006, son contexte et son résultat ont marqué Robert Collignon. Ils ne sont pas étrangers à son retour. Le départ de son fils, non plus. Et puis, dit-il, il y a les Amaytois qu'il croise en rue: "J'ai répondu non seulement à la demande des concitoyens puis progressivement à la demande de certains amis. Au niveau du PS à Amay, il y avait également probablement un déficit. Et j'avais aussi le sentiment progressivement que la commune d'Amay s'éteignait".

 En clair, Robert Collignon reproche à l'actuelle majorité un manque d'ambition. Jean-Michel Javaux a réagi: "Je l'assume totalement. C'était vraiment une volonté de ne pas avoir de projet démesuré qui pénalise financièrement Amay pendant des années. C'était vraiment une volonté assumée de faire des services de proximité beaucoup plus que des projets démesurés".

 Parmi ces services de proximité : la première maison des jeunes d'Amay, un conseil des aînés, un bus social ou un service de médiation. Amay est sous plan de gestion CRAC depuis 2001. Son endettement laissait peu de moyens pour lancer des projets, explique le bourgmestre: "La plus grande fierté est bien évidemment budgétaire. En pleine crise financière, en pleine crise économique, nous n'avons augmenté aucune taxe, aucune redevance. Nous avons même réduit de 25% la charge de la dette de la commune d'Amay. Et puis, au fur et à mesure de la législature, on a pu réaliser quelques projets importants".

Rénovations d'écoles, de routes, isolation des logements sociaux, par exemple, mais aussi les premières nominations de personnel depuis 1988. Mais au fait, comment Jean-Michel Javaux accueille-t-il le retour de Robert Collignon ? "Comme un défi. Il a décidé de venir au duel. Je suis très curieux de pouvoir faire des débats ouverts avec lui".

 "Ce n'est pas un combat de chefs" précise Robert Collignon. "Je crois que ce garçon a énormément de qualités et peut-être lui a-t-il manqué au niveau de la commune une certaine constance dans la gestion et peut-être un peu trop de délégations à d'autres".

Être plus présent à Amay, plus tôt, Jean-Michel Javaux le souhaitait. Il a dû composer avec les circonstances: "Nous avons connu une crise sans précédent où tout simplement l'avenir de la Belgique était en jeu. Je ne suis pas du style à lâcher le navire au milieu de la tempête et j'ai donc mené les négociations jusqu'au bout. J'étais évidemment présent plusieurs journées mais moins que ce que j'aurais voulu". Une situation de toute façon révolue désormais.

Le scrutin ne se limitera toutefois pas à un duel à Amay. Les deux autres formations en lice espèrent d’ailleurs qu’il ne focalisera pas toutes les attentions.

En 2006, ECOLO et le PS avaient décroché le même nombre de sièges : 11. Le MR avait remporté le dernier siège en jeu et, en s’alliant à ECOLO, avait envoyé les socialistes dans l’opposition. Ce 14 octobre, le MR Benoît Tilman, premier échevin sortant, emmènera une liste d'ouverture baptisée AMAY PLUS. On y retrouve aussi l’actuel président du CPAS, Christophe Mélon, à la troisième place. Un tiers de la liste est constitué de candidats d’ouverture.  Objectif d’AMAY PLUS : faire partie de la future majorité et y avoir plus de poids, donc plus de sièges. Combien ? Benoît Tilman ne se prononce pas. Mais manifestement, ces 6 années dans la majorité ont aiguisé son appétit en même temps qu’elles lui ont permis, comme il l’explique, de faire ses preuves, de gagner en expérience et, via les contacts qu’il a été amené à avoir avec la population, de mieux cerner ses attentes. Quant au débat avec son partenaire Ecolo, il affirme qu’il a été très ouvert.    

De son côté, le cdH se présentera sous sa propre étiquette, avec une liste incomplète : 15 candidats sur 23 possibles. Le cdH amaytois est en plein renouvellement, comme l’indique sa tête de liste, le président de la section locale, Werner Vandervorst. " Si nous avions deux élus, je serais heureux ", confie-t-il. Il estime que la majorité sortante a fait des choses positives, mais qu’elle aurait pu mieux faire dans certains domaines comme la prévention et le traitement de la délinquance ou le dégagement des routes en période hivernale, notamment. Deux préoccupations qu’on retrouve dans le programme du cdH. On y relève aussi une volonté de valoriser la vie de quartier ou de créer un guichet unique pour répondre aux besoins d’information des citoyens. 

Martial Giot

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