Alain Maron : "Ce sera le dernier plan hiver à Bruxelles"

L’argent de l’aide aux sans-abri est mal utilisé, c’est ce que dénonce l’ASBL Infirmiers de Rue. L’argent sert trop souvent à gérer les situations d’urgence, "Ce qui ne sert à rien s’il n’y a pas de prévention et d’accompagnement à long terme", explique Pierre Ryckmans de l’ASBL Infirmiers de rue.

Alain Maron, le ministre bruxellois en charge de l’aide aux personnes était l’invité de Viva Bruxelles ce mercredi matin. Il partage cet avis.

"Je ne dirais pas que cela ne sert à rien", entame le ministre, quand on lui demande si l’efficacité de ce qui est mis en œuvre fait ses preuves à Bruxelles. "Mais ce qui a été décidé par ce gouvernement, c’est quand même de changer les paradigmes. C’est vrai que l’on met beaucoup d’argent dans de l’hébergement d’urgence pour que personne ne soit à la rue. C’est sans doute quelque chose qu’il faut faire mais on ne met pas assez de moyens dans l’hébergement structurel ou la remise en logement". La Région compte donc changer de stratégie et dépenser d’avantages de moyens dans les mécanismes d’hébergement, pour loger de façon durable les gens précarisés. "L’autre possibilité est de mettre des moyens pour que ces gens précarisés ne perdent pas leur logement", complète Alain Maron.

Le budget de l’Housing first doublé l’année prochaine

Housing First est un mécanisme qui propose un accès immédiat au logement, depuis la rue, sans étapes intermédiaires et sans autres conditions que celles auxquelles est soumis un locataire classique. La région Bruxelles-Capitale a décidé de multiplier par deux le budget alloué à ce modèle qui favorise la réinsertion sociale. "On a aussi 15 millions d’euros supplémentaires pour la politique d’aide aux sans-abri. Cet argent, on va le mettre prioritairement sur les programmes d’aide structurelle ", détaille le ministre "pour aider les maisons d’accueil à accompagner du public à trouver du logement, pour mobiliser des logements publics et des logements privés pour les sans-abri,…".

Fin du plan hiver

L’idée part du constat que la problématique de la vie en rue est présente toute l’année. "Les personnes décèdent en rue, y compris pendant l’été. Nous voulons que les opérateurs gèrent cela sur une programmation annuelle. Donc c’est la fin d’un plan hiver particulier", conclut le ministre bruxellois de l’aide aux personnes. La volonté est donc de favoriser les mesures durables de remise en logement. L’accueil d’urgence sera toutefois toujours financé. "Au sens strict ce sera sans doute le dernier plan hiver maintenant, il y aura toujours des légères augmentations de capacité pendant l’hiver pour accueillir en urgence".

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