Airbnb: les nouvelles règles à Bruxelles découragent-elles les propriétaires?

Airbnb: les nouvelles règles à Bruxelles découragent-elles les propriétaires?
Airbnb: les nouvelles règles à Bruxelles découragent-elles les propriétaires? - © LIONEL BONAVENTURE - AFP

A Bruxelles, louer une chambre ou un appartement, sur une plateforme comme Airbnb, est devenu plus compliqué pour les propriétaires. Du moins, s'ils veulent le faire en toute légalité.

Depuis avril 2016, deux nouvelles réglementations ont été prises par la Région bruxelloise : l'une oblige les propriétaires à s'enregistrer, et donc à fournir un dossier avec de nombreux documents administratifs ; l'autre exige une taxe de 3 euros par nuitée et par chambre.

La location sur Airbnb représente aujourd'hui à Bruxelles entre 5000 et 7000 logements. Mais ces nouvelles règles pèsent-elles déjà sur l'offre ?

Difficile à dire car du côté d'Airbnb, on refuse de donner des chiffres. Mais on confie quand même que la croissance à Bruxelles est aujourd'hui un peu moins forte que dans les deux autres régions.

La Région cherche à interdire les logements exclusivement destinés à de l'hébergement touristique

Ce qui est sûr, c'est que du côté des propriétaires, on parle de mesures trop contraignantes, comme Pascal : "Si je veux vraiment être au top de ce qu'ils veulent, je dois quasiment refaire toute mon électricité ! Je vais peut-être pas aller jusque-là. Dans les faits, je vais arrêter d'ici quelques semaines."

D'autres ont été quasiment au bout de la procédure avant d'être refusés. Souvent parce que la commune rechigne à délivrer le certificat de conformité urbanistique. C'est le cas de Laurent à Etterbeek : "La volonté de la Région est de refuser ou d’interdire ou de faire interdire les logements qui sont exclusivement destinés à de l'hébergement touristique. Dans mon cas, il n'y a personne qui est domicilié dans mon appartement. C'est ça que la Région visiblement vise. Finalement, la commune n'en peut rien, elle ne fait qu'appliquer la réglementation régionale qui dit que ce n'est pas une activité de logement, que c'est une activité hôtelière, et elle refuse. C'est une politique qui se justifie tout à fait, mais ça n'est dit nulle part. Et si on vient changer les règles du jeu en cours de route, cela remet tout le projet en cause."  

La Région bruxelloise se défend de vouloir décourager les propriétaires

Une position qu'assume la Région bruxelloise : "Bruxelles ne peut pas attendre de voir passer le train et de se retrouver confrontée à la même situation de ce qui s'est passé à l'étranger. On a vu, dans certaines villes, l'impossibilité pour des locaux de se loger. C'est ça que nous ne voulons pas pour Bruxelles", explique Vanessa Rigodanzo, conseillère au cabinet du ministre-président, Rudi Vervoort.

Pour ce qui est de la charge administrative, la Région se défend de vouloir décourager les propriétaires. L'idée est de protéger le touriste et l'exploitant lui-même, assure-t-on. Les procédures seraient d'ailleurs plus simples que pour un hôtelier.

En attendant, des contrôles sont en cours depuis novembre 2016 et ils vont continuer.

Un conseil pour ceux qui voudraient s'enregistrer : avant toute démarche, allez d'abord vous renseigner auprès de votre commune. Il y en a qui sont plus souples que d'autres. 

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