Agriculteurs transfrontaliers: "On risque de travailler à perte"

Francis Bossuyt cultive des terres côté belge et côté français.
Francis Bossuyt cultive des terres côté belge et côté français. - © S. Vandreck

Plusieurs dizaines d’agriculteurs hennuyers, tous installés le long de la frontière française, se sont réunis en catastrophe vendredi soir à Thulin (Hensies).

Tous exploitent des terres côté belge et français, mais ont leur siège d’exploitation en Belgique. Ils ont reçu en ce mois d’avril un courrier de l’administration française qui provoque leur colère et leur inquiétude. Ce courrier leur indique qu’étant donné que leur exploitation est domiciliée sur le territoire belge, ils n’ont plus droit aux aides européennes que leur verse la France dans le cadre de la PAC, la Politique agricole commune. Ils seraient plusieurs centaines dans le cas en Belgique, de La Panne à Virton.

A 300 mètres de la frontière

"Aujourd’hui, les prix de vente de la récolte ne paient pas les frais de production. L’Europe nous donne donc ces aides compensatoires pour que chaque culture ait une rentabilité", précise Francis Bossuyt, agriculteur à Erquennes (Honnelles), à 300 m de la frontière. Sa situation familiale fait que la moitié des terres qu’il cultive se situent côté français. "Ça représente 50% de mes revenus. Si les cultures n’ont plus de rentabilité et qu’on nous enlève les aides, on ne va même plus travailler pour rien mais à perte!".

Francis Bonte, agriculteur à Comines-Warneton, a lui aussi fait ses comptes: "C’est un manque à gagner d’environ 8000 euros pour moi. Qu’est-ce qui nous reste encore aujourd’hui, sinon ces prime?", s’inquiète-t-il.

Quinze jours pour contester

Les agriculteurs concernés n’entendent pas laisser leur échapper cette prime. Chacun vient d’envoyer un recommandé à l’administration française. "Nous avons quinze jours pour contester et, si l’administration française ne veut pas réexaminer notre position, on devra peut-être envisager d’aller en justice, c'est-à-dire devant la Cour européenne de Justice, mais nous espérons ne pas en arriver là", poursuit Francis Bossuyt, qui espère que les négociations qui s’entament des deux côtés de la frontière vont porter leurs fruits.

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