STIB: un employé tué lors d'une agression, le réseau à l'arrêt au moins jusqu'à mardi

Le bus endommagé
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Le bus endommagé - © Belga

Un superviseur de la STIB, âgé de 56 ans, est décédé suite à une violente agression survenue ce samedi matin. La direction de la STIB a décidé d'arrêter l'exploitation du réseau. Métros, trams et bus ne circuleront pas avant la rencontre prévue avec Joëlle Milquet, fixée à mardi, en principe. L'auteur présumé de l'agression a été interpellé samedi en début d'après-midi.

Une grave agression a été commise ce samedi matin vers 6h50 sur un membre du personnel de la STIB, la société de transports publics bruxelloise. L'agression s'est produite à la suite d'une collision impliquant un véhicule et un bus de la ligne 14, à Molenbeek.

Un superviseur de la STIB, appelé sur les lieux pour constater les faits, a été roué de coups par un proche de la personne impliquée dans l'accident.

Le superviseur de la STIB a été emmené à l'hôpital où il est décédé peu après 11h. Âgé de 56 ans, il travaillait à la STIB depuis déjà 29 ans, a indiqué à la RTBF la porte-parole de la STIB, Françoise Ledune. Son fils et sa fille travaillent également à la STIB, a précisé la porte-parole.

"C'est la première fois qu'une telle chose arrive", a encore indiqué Françoise Ledune. Personnel et direction de la STIB sont évidemment sous le choc. "L'atmosphère est très lourde."

Baudouin Auquier, directeur des ressources humaines, a expliqué à notre journaliste que l'émotion est immense au sein de la société. "Les gens sont choqués mais restent dignes."

L'auteur présumé de l'agression a été interpellé samedi vers 14h30 a annoncé dans l'après-midi le procureur du Roi de Bruxelles, Bruno Bulthé, qui a dit son raz-le-bol de ce genre d'actes.

Tout le réseau à l'arrêt

Tout le réseau de la STIB est actuellement à l'arrêt. Chose exceptionnelle: c'est la direction de la STIB qui a elle-même décidé d'arrêter l'exploitation du réseau. Vu la gravité de la situation, et comme c'est une problème qui dépasse la société, la direction estime qu'elle ne peut pas raisonnablement demander aux chauffeurs de remonter dans leurs véhicules.

 

Une certaine confusion a longtemps régné autour du moment de la reprise de la circulation des métros, trams et bus de la STIB. Selon le site internet de la STIB, la direction de la STIB avait décidé, dans un premier temps, de suspendre l'exploitation du réseau de métro, tram et bus jusqu'au dernier service de samedi soir. "Toutefois, vu le contexte dramatique, la direction reconnaît qu'une reprise de l'exploitation du réseau n'est pas possible avant la rencontre prévue avec la ministre de l'Intérieur Joëlle Milquet", a indiqué Françoise Ledune, porte-parole de la STIB à l'agence Belga. Dans un communiqué diffusé samedi après-midi, la ministre de l'Intérieur s'est dite disposée à recevoir à son cabinet les représentants de la STIB mardi à 14h30.
 
"Aucun véhicule ne bougera avant une entrevue avec la ministre", a confirmé Robert Timmermans, délégué permanent CSC-Transcom. "Le trafic de la STIB ne reprendra pas avant mardi".

 

Le vice-président de la STIB, Ridouane Chahid, a condamné samedi "avec la plus grande fermeté" l'agression mortelle perpétrée samedi matin sur un superviseur de la STIB. Pour lui, "rien ne peut justifier un acte d'une telle violence. Celle-ci n'est pas une façon de régler les différends, quels qu'ils soient. Nous ne pouvons plus accepter que nos agents subissent des actes portant atteinte à leur intégrité dans le cadre d'une mission de service public", a-t-il commenté.

Manifestation dans le calme de travailleurs de la STIB

Entre 100 et 150 travailleurs de la STIB manifestaient dans le calme, samedi en début d'après-midi, place Poelaert, à proximité du palais de justice de Bruxelles, a constaté l'agence Belga sur place.

Les travailleurs de la STIB ont bloqué l'accès à la place Poelaert à l'aide d'une dizaine de trams et de bus. Les véhicules de la STIB affichent un SOS sur leur panneau électronique à la suite de l'agression mortelle d'un superviseur samedi matin, place des Armateurs, à Bruxelles. Les travailleurs se sont ensuite rendus vers le siège de la STIB.

C'est dans une ambiance tendue et chargée d'émotion que Kris Lauwers, directeur-général ad intérim de la STIB a adressé une brève allocution au personnel rassemblé au siège central.

"Ce qui est arrivé dépasse tout ce que nous avions déjà vu auparavant et, pourtant, nous en avons déjà beaucoup vu. L'insécurité à laquelle doit faire face le personnel augmente chaque année. Aujourd'hui, c'est un collègue qui a perdu la vie en faisant simplement son travail. On ne sait pas quoi promettre, garantir et exiger mais nous avons besoin d'un changement profond."

Certains membres du personnel ont brandi une photo avec le visage du superviseur agressé. Un faible dispositif policier était présent afin de mettre en place les déviations d'usage pour fluidifier la circulation automobile.

Joëlle Milquet dénonce "avec force et colère" l'agression

La vice-première ministre et ministre de l'Intérieur, Joëlle Milquet (cdH), a condamné samedi "avec force et colère" l'agression mortelle d'un superviseur de la STIB, samedi matin, à Bruxelles. La ministre rencontrera mardi les travailleurs.

Joëlle Milquet a dénoncé, dans un communiqué, un "acte criminel d'une extrême violence" qui a entraîné le décès d'un superviseur "dans l'exercice de ses fonctions".

La ministre précise qu'elle est disposée à rencontrer les travailleurs, mardi à 14h30, à son cabinet. Joëlle Milquet souligne que lors de cette rencontre, elle leur exposera "les mesures de renforcement de la sécurité dans les transports en commun, qu'elle comptait présenter au conseil des ministres pour la seconde quinzaine du mois d'avril".

Elio Di Rupo réclame "la plus grande sévérité"

Elio Di Rupo a adressé ses pensées à la victime, à sa famille et à tous les membres du personnel de la STIB qui sont touchés par la perte tragique de leur collègue.

Le Premier ministre ajoute qu'il compte sur les services de police et la justice pour qu'ils mettent tout en oeuvre pour traduire rapidement le ou les responsable(s) devant les tribunaux et "les punir avec la plus grande sévérité".

"La violence n'a pas sa place dans notre société dont l'un des fondements est le respect de l'autre en toute circonstance. Chacun doit pouvoir vivre, se mouvoir et exercer sa profession dans un environnement sûr", a souligné Elio Di Rupo.

"Cet événement tragique nous pousse également à réfléchir à la question du manque de respect dont souffrent ceux qui, au travers de leur profession, se mettent au service de notre société", a-t-il conclu.

Charles Picqué demande à rencontrer Joëlle Milquet

Le ministre-président bruxellois, Charles Picqué, a condamné samedi "avec une immense fermeté" l'agression, a-t-il indiqué dans un communiqué. "Mes pensées émues vont avant tout à la victime et à sa famille, mais également à tout le personnel de la STIB", a souligné Charles Picqué.

Selon lui, ce drame "confirme plus que jamais l'importance de renforcer la sécurité sur les lignes de transports en commun".

Charles Picqué a rappelé que c'était à sa demande que le gouvernement bruxellois a obtenu du fédéral des moyens supplémentaires dans le domaine de la sécurité. Ces nouveaux moyens devraient déboucher sur l'engagement rapide de près de 300 policiers dans les stations et à l'extérieur de celles-ci, a-t-il noté.

Selon le ministre-président bruxellois, des contacts sont en cours depuis quelques temps avec la ministre de l'Intérieur, Joëlle Milquet. "Charles Picqué demande à la rencontrer très rapidement", ajoute le communiqué.

Il dit enfin regretter que de tels actes confirment une fois de plus la banalisation de plus en plus présente de la violence dans nos sociétés.

Brigitte Grouwels comprend la réaction du personnel

La ministre bruxelloise des Transports Brigitte Grouwels (CD&V) a réagi avec consternation à l'agression mortelle commise samedi matin sur un superviseur de la STIB. Elle a également condamné cet acte "avec la plus grande fermeté", dans un communiqué.

La ministre a également exprimé sa compassion envers la famille de la victime.

Elle a indiqué comprendre l'inquiétude des membres du personnel de la société de transports en commun.

Les élus bruxellois veulent un renforcement des mesures

"On a dépassé les limites du tolérable dans une société de droit", a affirmé samedi après-midi le chef du groupe Ecolo au parlement bruxellois Yaron Pesztat, s'exprimant au nom des Verts, à la suite de l'agression mortelle d'un superviseur de la STIB samedi matin. "Nous sommes atterrés, scandalisés et révoltés par ce qui s'est passé. Nos pensées vont à la famille mais aussi au personnel de la STIB dont nous comprenons les réactions", a ajouté Yaron Pesztat. "Les problèmes de violence gratuite dans les transports et sur la place publique sont inacceptables et doivent être condamnés", a déclaré à Belga Evelyne Huytebroeck, ministre bruxelloise de l'Environnement. Aux yeux de Yaron Pesztat, "on n'est plus seulement face à un problème de sécurité mais également face à un problème de société dès lors que des individus se croient autorisés à régler leurs comptes par la violence". Pour Ecolo, qui interpellera la ministre bruxelloise du Transport à la rentrée, il va falloir prendre des mesures draconiennes pour renforcer la sécurité sur le réseau de la STIB.

Pour Rudi Vervoort, président de la Fédération bruxelloise du PS, "cette agression témoigne d'une violence choquante et absolument inacceptable". Il estime qu'"il est plus que temps que les pouvoirs publics se voient doter des moyens nécessaires pour prévenir de tels actes".

Le chef de groupe MR au parlement bruxellois, Vincent De Wolf, estime que l'agression est "une des plus graves de celles portées à l'encontre de la STIB". Il est également d'avis "qu'il est impératif de prendre, sans plus de délais, des mesures efficientes afin d'assurer la sécurité du personnel et des usagers de la STIB".

Le Secrétaire d'Etat à la Mobilité Bruno De Lille (Groen) parle d'"un jour noir pour Bruxellles".

RTBF avec Belga

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