Agression raciste et bagarre sur les rails à Aarschot: Infrabel porte plainte

La vidéo, filmée dans la gare d'Aarschot et partagée sur les réseaux sociaux, parle d'elle-même. Tout commence par un échange verbal. "Pourquoi es-tu si arrogant", demande une voix. "Tu pues de la gueule", répond une autre. On voit ensuite un jeune homme en jeter un autre sur les rails. S'ensuit une bagarre entre les deux personnes, tandis que des témoins de la scène tentent de les séparer.

La police a interpellé trois suspects à la suite de cette bagarre. Un des suspects, un homme de 35 ans, a été placé sous mandat d'arrêt par le juge d'instruction. Deux femmes de 31 et 43 ans ont été libérées après audition, indique le parquet de Louvain. L'homme de 35 ans et la femme de 43 étaient tous deux sous l'influence de la drogue ou de l'alcool.

Le gestionnaire de l'infrastructure ferroviaire Infrabel a indiqué que l'entreprise avait officiellement porté plainte.

Selon le parquet, les deux femmes et l'homme ont agressé un jeune homme mineur qui attendait le train pour Louvain.

"L'homme l'a poussé et une des femmes a fait une remarque raciste", précise le parquet. "Ils ont continué à provoquer verbalement et physiquement le jeune homme de 15 ans et une bagarre a éclaté à la suite de laquelle l'homme a projeté le mineur sur les voies. La bagarre s'est poursuivie sur les rails. Les femmes sont aussi intervenues dans les débats. La sœur aînée du jeune homme a pu ramener son frère sur le quai mais a aussi reçu des coups".

Ce qui est sûr, c'est que cette bagarre a eu des conséquences sur le trafic ferroviaire. La circulation des trains a été suspendue pendant plusieurs minutes. "Un train en direction d'Anvers a dû être arrêté. Ce qui s'est passé aurait pu causer un danger de mort", précise Thomas Baeken, porte-parole d'Infrabel, cité par Het Nieuwsblad.

Extrêmement dangereux et inacceptable

De son côté, le bourgmestre d'Aarschot André Peeters (CD&V) s'est dit choqué par la vidéo et a réclamé de fortes sanctions à l'égard des personnes impliquées dans la bagarre. "C'est extrêmement dangereux et inacceptable. Des gens auraient pu être gravement blessés voire pire", commente-t-il, soulignant l'utilité des onze caméras de surveillance que la commune avait fait installer en juin autour de la gare.

Au vu de la situation, l'homme politique demande à la justice d'agir en conséquence. "Je compte sur l'enquête du parquet pour faire pleinement la lumière sur ce qui s'est passé et sur l'origine (de la bagarre, ndlr)."

Le bourgmestre s'inquiète également "du caractère raciste qui semble se dégager de cet incident". "Je suis fier qu'à Aarschot nous cohabitions tous ensemble de manière adéquate, peu importe la différence. Nous n'avons donc pas besoin de gens qui menacent cela", conclut André Peeters.

Un point de vue partagé par Gwendolyn Rutten, présidente de l'Open VLD et candidate bourgmestre à Aarschot, sur les réseaux sociaux. "C'est bien que la police et le parquet interviennent immédiatement ici!", écrit-elle. "Il n'y a pas de place dans notre ville pour les insultes et les bagarres. Et c'est très clair: il n'y a pas de place dans notre ville pour le racisme. Nous sommes tous Aarschot. Une ville d'où vous n'êtes pas originaire mais où votre avenir compte. Une ville où l'on se considère avec respect.

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