Agoria, la fédération de l'industrie plaide pour un tax-shift social en Wallonie

Dans les ateliers du technocampus à Gosselies, on forme des électromécaniciens, des électriciens industriels, des soudeurs. En tout, près d'une dizaine de métiers et autant de compétences spécifiques très demandés par le secteur de l'industrie sont proposées sur le site.

Ce centre géré par le public et le privé accueille plus d'une centaine de demandeurs d'emplois et de travailleurs.

La formation donne de bons résultats. Reste à engager ces jeunes ou conserver les plus anciens en entreprise. A ce sujet, Agoria attend beaucoup de la Wallonie qui a hérité de nouvelles compétences en matière d'emploi.

"Quand on regarde les chiffres, et tous les organismes internationaux européens le démontrent, avec un handicap salarial de l'ordre de 15% par rapport à nos voisins européens, on a réellement un problème de compétitivité. Et donc alléger les coûts de recrutement mais aussi alléger les charges sociales pour maintenir nos travailleurs âgés en entreprise est fondamental pour nous et pour l'emploi en Wallonie" explique Thierry Castagne, directeur général d'Agoria.

Tax-shift social pour combler le handicap salarial

Agoria, la fédération de l'industrie est un secteur qui pèse lourd. Elle génère près de 14 milliards d'euros de chiffre d'affaire pour 57 000 emplois en Wallonie.

Pour conserver cette activité et générer encore de l'emploi, elle souhaite un geste très net du gouvernement wallon pour combler le handicap salarial. Il faut dire que près de trois quart de leurs affaires sont réalisées à l'étranger. Alors est-ce qu'un "tax-shift social" est réalisable en Wallonie? C'est éventuellement possible mais il faudra faire des choix difficiles à entendre la ministre de l'emploi, Eliane Tillieux (PS).

"Comme nous n'avons pas de moyens supplémentaires, il faudra faire des choix dans les mécanismes d'aides à l'emploi et aux entreprises et qui dit choix, dit suppression éventuelles de certaines aides. C'est une tâche délicate et d'ampleur. Je compte sur les partenaires sociaux et les différents interlocuteurs pour pouvoir mettre sur la table les mécanismes qui sont véritablement porteur d'emploi et qui offre le meilleur effet levier".

L'industrie attend des réformes audacieuses et structurelles. Elles ne seront pas simples à entreprendre. Mais dans un contexte budgétaire tendus, des choix difficiles s'imposeront quoi qu'il en soit.

Hugues Angot

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