Agora, des Bruxellois tirés au sort pour faire de la politique

Agora compte actuellement 50 membres
Agora compte actuellement 50 membres - © rtbf

Agora, c'est une nouvelle liste créée à Bruxelles pour les élections régionales. Leur but n'est pas de créer un parti mais une assemblée citoyenne à côté du Parlement. Les citoyens sont tirés au sort et prennent directement des décisions pour l'intérêt commun. C'est le principe de démocratie directe. Agora se présente comme la solution face au mouvement de contestation comme les gilets jaunes ou la marche pour le climat. Une réponse qui vient d'en bas.

Anna a 30 ans. Elle est Bruxelloise. La politique actuelle, elle ne s'y reconnait pas. "Le climat par exemple. Nous étions nombreux à marcher il y a deux semaines. En tant que citoyen, on a envoyé un signal fort au politique. Et le lendemain, il (NDLR:notre gouvernement) prend une décision totalement différente.

Cette Bruxelloise a donc décidé de voter pour Agora aux élections régionales 2019. Une liste pour la démocratie directe: une assemblée de Bruxellois tirés au sort. Comme le Parlement, elle serait composée de 89 personnes mais avec des genres, des âges et des niveaux de diplômes différents afin de représenter au mieux la population bruxelloise. Pour atteindre ce but, elle va d'abord passer par le système en place actuellement.

"Si nous avons au moins un élu, nous pourrons faire fonctionner notre assemblée au moins un jour par mois, explique David Petit, l'un des 50 membres d'Agora. Simplement, en utilisant l'argent que cet élu et son assistant parlementaire vont gagner. On va leur laisser le salaire médian et on va utiliser le reste pour payer les participants de l'assemblée citoyenne. Ils ne seront ainsi pas bénévoles." Les moyens sont ainsi trouvé... mais aussi l'infrastructure. "Cela permettrait d'utiliser l'espace du parlement pour que la population puisse débattre dans les mêmes endroits que les élus", ajoute Olivier Vermeulen, un autre membre d'Agora.

C'est un membre de cette assemblée citoyenne qui siégera au Parlement sur un siège tournant.

Un nouveau pilier de la démocratie

À plus long terme, l'idée est d'institutionnaliser cette assemblée citoyenne. Agora veut changer la Constitution pour qu'en plus des parlementaires élus grâce aux urnes, il y ait cet hémicycle de citoyens tirés aux sorts. Pour y arriver, le mouvement a besoin des partis traditionnels. 

"Nous pensons quand même que ce sont les partis qui doivent changer les choses et changer la Constitution." Agora espère ainsi que dans dix ans, le tirage au sort devienne un pilier de notre démocratie.

En pratique

Après les élections régionales de mai 2019, 89 personnes vont être tirées au sort dans la population bruxelloise. La méthode doit encore être décidée précisément mais l'idée est de piocher dans le registre national, un peu comme pour le jury d'une Cour d'assise.

La Région bruxelloise est une première étape. Des discussions ont lieu avec des associations citoyennes en Wallonie et en Flandre.

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