Affaire Verbruggen : le milliardaire toujours au CPAS

La cour d'appel a estimé que les parties civiles n'avaient pas pu apporter la preuve de la culpabilité des prévenus
La cour d'appel a estimé que les parties civiles n'avaient pas pu apporter la preuve de la culpabilité des prévenus - © RTBF - Delphine Hotua

On a assisté à un nouveau coup de théâtre dans la saga Verbruggen. Ce mardi matin, la cour d'appel de Bruxelles a acquitté cinq des enfants du riche notaire Robert Verbruggen. Ceux-ci étaient poursuivis pour faux fiscal et vol de titres, dans le cadre de la succession de leur père, décédé à Laeken en 2002.

Pour les deux enfants déshérités, Luc et Jack, la déception est grande. Dans cette guerre intra-familiale pour un héritage estimé par certains à 400 millions d'euros, ils avaient obtenu en première instance la condamnation des cinq prévenus à cinq mois de prison avec sursis. C'est surtout pour Luc, le fils cadet ruiné, que l'arrêt de la cour d'appel est amer.

Déshérité selon lui par cinq de ses frères et sœurs, Luc Verbruggen n'en revient pas. Maître Nicolis, l'avocat de Luc Verbruggen, déclare : "C’est une douche froide pour mon client, Luc Verbruggen, qui ne s’attendait évidemment pas à une décision aussi inversée que celle rendue en première instance".

La cour a estimé que les parties civiles n'avaient pas pu apporter la preuve de la culpabilité des prévenus, ni sur la volonté des cinq frères et sœurs de déshériter Luc, ni sur les accusations de fraude fiscale. Des accusations qui sont étrangement balayées par la Cour d'Appel, malgré la plainte qu'avait déposée l'administration fiscale. Toujours privé d'héritage, Luc Verbruggen devra donc rester au CPAS: "Je n’ai toujours pas le moindre franc; par contre, le fisc a déjà saisi sur ma part dans la masse successorale,  un million six cent mille euros d’impôt, tandis que moi, l’héritier réservataire, je ne peux pas prendre un franc parce que mes frères et sœurs bloquent tout".

Luc Verbruggen ne sait pas encore s'il ira en Cassation mais il poursuivra son combat au civil. Son frère Jack n'a pas fait de commentaire, pas plus que les cinq prévenus, qui se sont dérobés par une porte-arrière avec le blanc-seing de la Cour et le sourire amusé du Procureur. Ce qui est plutôt interpellant, dans un dossier qui comporte encore bien des zones d'ombre.

Pour rappel, après plusieurs mois d'action judiciaire, la juge d'instruction avait bizarrement cessé toute investigation. Elle avait alors bloqué une commission rogatoire et bouclé son instruction sans attendre le résultat de l'enquête.

Jean-Claude Hennuy

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