Affaire Sadia Sheikh : le portrait des accusés et de Sadia

Sariya à l'audience
Sariya à l'audience - © rtbf.be

Au cinquième jour du procès des 4 membres de la famille Sheikh devant la cour d'assises du Hainaut, les enquêteurs sont venus retracer la biographie des accusés et de Sadia abattue par son frère Mudusar le 22 octobre 2007 à Lodelinsart près de Charleroi.

Mudusar

D'après les inspecteurs, les témoins, unanimes, ne tarissent pas d'éloges à l'égard de Mudusar qui est l'accusé principal. Il est décrit par son père comme respectueux, volontaire, travailleur et généreux. Il ressort du dossier que Mudusar se sentait investi d'un rôle protecteur envers ses soeurs, et particulièrement envers Sadia dont il se dit le plus proche. Elevé dans la tradition pakistanaise, Mudusar devait être marié, en même temps que sa sœur, avec une cousine pakistanaise. Il ressort du dossier que la relation entre lui et Sadia était fusionnelle. Dans les traits de caractère de Mudusar, on remarque qu'il est très attaché aux valeurs traditionnelles, l'image de la famille étant particulièrement importante pour lui. En tant qu'unique fils de la fratrie, l'accusé se sentait investi d'un rôle protecteur envers ses soeurs et sa mère.

Sariya

Sariya, la jeune soeur, est, elle, dépeinte de manière générale comme rebelle, arrogante, têtue et irrespectueuse. Son père dit ne pas vraiment voir de qualités chez sa fille. Sadia et elle n'étaient pas en bons termes. Sariya épiait sa soeur et dénonçait ses faits et gestes à leurs parents.

Tariq le père

Tariq, le père, est né au Pakistan en 1949. Il s'est installé en Belgique en 1973 et n'a jamais cessé de travailler depuis lors. De par sa volonté et son travail acharné, il a acquis plusieurs terrains, commerces et maisons tant en Belgique qu'au Pakistan. Il est décrit comme un patriarche à part entière, la famille et l'avenir de ses enfants étant le moteur de sa vie. Mais ses enfants lui reprochent, à l'inverse de leur mère qu'ils qualifient "d'océan de compréhension", son manque d'ouverture d'esprit et sa froideur.

Parveen la mère

Chez Parveen, il ressort une volonté de transmettre les valeurs pakistanaises. A la maison familiale, c'est un enseignement traditionnel qui est dispensé. Les enfants suivent des cours avec un professeur qui se charge de leur enseigner le Coran et la langue arabe. Mariée par arrangement en 1973 à Tariq, le pouvoir décisionnel de Parveen est limité, voire inexistant. Au courant des infidélités de son mari, elle dit que ce sont les enfants qui en ont souffert le plus.

Sadia la victime

Les termes utilisés par les proches de Sadia pour la décrire sont simples : "un petit rayon de soleil". Sadia est née le 12 février 1987. Elle a toujours vécu en Belgique et n'est allée que quelques fois au Pakistan. Intelligente et volontaire, elle avait le projet de devenir avocate dans le droit international et dans la défense des femmes. "Petite poupée de son papa", elle entretenait une relation privilégiée avec son père et était très complice de son frère Mudusar, à qui elle se confiait.

Les débats ont été suspendus en milieu de cette journée de vendredi. Ils reprendront lundi matin avec les interventions des experts psychiatres et psychologues.

Daniel Barbieux, Belga

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