Affaire Hakimi à la Cour d'Appel du Hainaut: l'arrêt sera rendu le 9 avril au plus tôt

Farid Hakimi
Farid Hakimi - © Belga - Benoit Doppagne

Le procès de Farid Hakimi et dix-huit autres prévenus s'est terminé ce mardi devant la troisième chambre correctionnelle de la Cour d'Appel du Hainaut à Mons avec les dernières plaidoiries et les répliques. L'arrêt sera prononcé le 9 avril à 14h00, au plus tôt, aux cours de justice.

Mardi matin, les avocats des prévenus impliqués uniquement dans le second volet de ce procès, le trafic de stupéfiants, ont pris la parole.

Dans la foulée, le procureur fédéral a répliqué aux arguments développés par la défense dans le cadre du volet "vols avec violence", soit une vingtaine de faits commis en Hainaut et dans le Brabant wallon entre 2015 et 2017.

Les prévenus ont ensuite pris la parole une dernière fois et le prévenu Rogac s'est adressé au procureur fédéral Julien Moinil, en le tutoyant, l'accusant de vouloir détruire des familles. Condamné à une peine de six mois avec sursis pour avoir détruit le mobilier dans sa prison, M. Rogac encourt huit ans pour les vols avec violence et un an pour la destruction mobilière.

Le procureur fédéral a requis de lourdes peines, comme en première instance, contre les prévenus poursuivis dans le cadre de ces vols d'une extrême violence. Il a notamment requis 20 ans de prison, ainsi qu'une peine de deux ans pour une agression dans une discothèque, contre le boxeur montois Farid Hakimi.

Son avocat, Me Discepoli avait plaidé l'irrecevabilité des poursuites en raison du comportement du chef d'enquête, lequel a entretenu une liaison avec la compagne de l'un des prévenus, Marwane Hammouda. Selon le pénaliste, cela a eu des conséquences néfastes pour son client, lequel estime que l'accusation veut lui faire porter un costume bien trop large.

Farid Hakimi avait écopé de quatorze ans de prison en première instance pour six vols et un trafic de drogues. "J'étais inconscient, insouciant dans un monde de paillettes, j'ai changé depuis ma sortie de prison", a déclaré Farid Hakimi qui regrette le mal qu'il a pu faire et qui est toujours détenu sous bracelet électronique.

Julien Moinil a également requis une peine de dix-sept ans de prison et une mise à disposition du tribunal d'application des peines pour une durée de dix ans contre Mohamed Benaouane, condamné à une peine de neuf ans de prison ferme en première instance. Il a requis également une peine de douze ans et une mise à disposition du tribunal d'application des peines de quinze ans contre Rachid Toto, acquitté en première instance. Le caïd carolo avait déjà été condamné d'une peine de huit ans par la cour d'appel pour l'attaque à main armée du stock du duty free de l'aéroport de Charleroi, en compagnie de Marwane Hammouda, condamné à une peine de sept ans.

L'avocat de ce dernier avait obtenu l'irrecevabilité des poursuites en première instance dans le cadre du procès en cours en raison du chantage dont il fut l'objet au cœur de la liaison supposée entre sa compagne et le chef d'enquête.

Le procureur fédéral a requis quinze ans de prison contre M. Hammouda, estimant que la thèse de la défense est contradictoire. D'une part, le policier aurait voulu écarter son rival amoureux. D'autre part, il aurait promis un bracelet électronique à M. Hammouda en échange de ses aveux et d'informations sur Farid Hakimi. "Je regrette que le procureur fédéral soit la seule personne qui n'ait pas compris la gravité de cette affaire", a déclaré Me Sébastien Courtoy, lors d'une courte réplique.

Trois hommes armés avaient débarqué chez l'ancien compagnon de Vanessa Colassin, alors en couple avec Stéphane Pauwels. Jamal Ennif, qui avait joué les intermédiaires entre le couple et les malfrats, encourt une peine de cinq ans de prison ferme alors qu'il avait été condamné d'une peine de trois ans avec sursis en première instance. Le chef d'enquête, inculpé d'une violation du secret professionnel, sera jugé en mai par le tribunal correctionnel de Charleroi.

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