Adolescent tué par un métro à Molenbeek: la famille porte plainte

Soulaïmane Jamili a été tué par un métro à la station Osseghem le 21 février dernier.
Soulaïmane Jamili a été tué par un métro à la station Osseghem le 21 février dernier. - © Belga

La famille de Soulaïmane Jamili, l'adolescent de 15 ans tué par un métro à la station Osseghem le 21 février dernier, a annoncé mercredi qu'elle avait introduit une plainte avec constitution de partie civile pour homicide involontaire. Selon la famille, le jeune homme a paniqué parce qu'il avait été "traité comme un criminel" lors d'un contrôle policier. Les premiers éléments de l'enquête faisaient état d'un probable suicide mais cette version est contestée par les proches de la victime, décrite comme un "enfant joyeux et sans histoire".

La famille de Soulaïmane réclame des devoirs d'enquête supplémentaires portant notamment sur l'audition des deux jeunes présents au moment des faits et d'un témoin de coups assénés à Soulaïmane, ainsi que sur l'enregistrement de la bande son des caméras de vidéosurveillance de la Stib.

"Il y a trois mois, Soulaïmane est décédé tragiquement en se rendant chez lui après l'école. Sa mort s'est produite à la suite de l'intervention brutale et invraisemblable d'agents de sécurité de la Stib et de policiers sur le quai du métro Osseghem, où il jouait avec des camarades d'école", a indiqué Youssef Archich, l'oncle de Soulaïmane.

"Immédiatement après le décès de Soulaïmane, les services police se sont rendus au domicile des parents et les ont informés de son décès, en soutenant qu'il s'était suicidé en se jetant sur les voies du métro après un contrôle de police. Les deux jeunes qui ont également été contrôlés aux côtés de Soulaïmane ont dénoncé cette version", a-il-ajouté.

Selon Youssef Archich, le Service d'Aide aux Victimes a permis aux proches de l'adolescent de visionner les images de vidéosurveillance provenant de la station Osseghem, le 8 avril dernier. "Les images provenant de la camera sur laquelle l'intégralité de la scène est visible n'ont toutefois pas pu être visionnées car la séquence entre 14h08 et 14h19 n'a pas pu être vue. Force est de constater que ces onze minutes manquantes correspondent à la période durant laquelle les agents de police ont procédé à la fouille corporelle, ainsi qu'à la fouille des effets des adolescents", a-t-il ajouté.

Ces 11 minutes manquantes permettraient, selon la famille de la victime, d'établir que les adolescents ont été interpellés de manière musclée par les forces de l'ordre. Elle estime également que le contrôle s'est effectué en dépit des règles de sécurité élémentaires.

Une marche en la mémoire de Soulaïmane Jamili, partant de la station de métro Osseghem et s'achevant devant le Palais de justice, est prévue ce mercredi à 14h00.

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